L’histoire politisée ? Réformes et conséquences.

Mis en avant

Un nouveau livre pour continuer la réflexion sur l’enseignement de l’histoire après la réforme du collège et pour aller au delà des oppositions tranchées entre repentance et nostalgies historiques. Toutes les actualités sur le livre sont ici.
L’histoire politisée ? Réformes et conséquences : Ou comment sortir du blocage des polémiques sur l’histoire.
Médias de grande diffusion : Radio : Marche de l’histoire France Inter. Grand bien vous fasse France InterGrand Témoin Radio Notre Dame. Europe 1 Social Club. Télévision. Public Sénat. Tribune libre : Site internet La Croix. (Avec liens). Commentaires et opinions : Histoire mondiale contre récit national. Liberté pour les professeurs. Gauche/droite. Hommes politiquesIslam. Chrétiens d’Orient. Récit accusateur. AssimilationThèmes :Simplifications politiques (Public Sénat) / Programmes orientés (Le Figaro) / Manuels qui conservent des pédagogies contestées (Europe 1, Le JDD.fr) / Impatience face à une Histoire politiséeneutralité affichée (Figarovox) et impossible (Le JDD.fr) et bons manuels (Histoirepolitisée.fr) / Intégrer la diversité des mémoires de notre passé national (Famille Chrétienne) / sans
idéalisation ni repentance (Les influenceurs).
Autres médias : Dossier : France Catholique / Vidéo Public Sénat, Zoom TV Libertés / Audio : Kernews, Arrêt sur info / Presse : Figaro, Figarovox, Livres Hebdo, Famille chrétienne.

Signatures pour L’histoire Politisée ? dans les salons du livre.

salonSalon du livre et de la famille
Associations familiales catholiques.
Samedi 26 novembre 2016, de 14h à 18h30 
Mairie du 8e arrondissement, 3 Rue de Lisbonne, 78008, Paris.

Histoire de lire, Salon du livre de Versailles, Afficher l'image d'origine
Dimanche 27 novembre 2016, de 14h à 18h30
Mairie de Versailles, 4 Avenue de Paris, 78000, Versailles
Avec participation à un débat : 
REGARDS CROISÉS 
(Hôtel de Ville – Salle Mongolfier)
L’Histoire se fourvoie-t-elle ?
Vincent Badré
 : L’histoire politisée ? Réformes et conséquences (Rocher)
Dimitri Casali : Désintégration Française (JC Lattès)

Salon de l’Association des écrivains catholiques. 
Samedi 3 décembre 2016, de 14h à 18h30
Mairie du 6e arrondissement, 78 rue Bonaparte, 75006 Paris

Fête du livre de Renaissance catholique. 
Dimanche 4 décembre 2016, de 10h à 19h.
Grand’ Maisons, Villepreux, 78450

 

Comment enseigner l’histoire du monde ? Vincent Badré auteur de L’histoire politisée sur France Inter.

Dans l’émission Grand bien vous fasse d’Ali Rebeihi, le débat entre histoire mondiale et récit national, en dialogue avec François Reynaert.
Quelle histoire ! Pourquoi et comment enseigner l’histoire du monde ?

Carte du monde en mosaïque sur les rives du Tage à Lisbonne

Ces dernières années de vifs débats opposent historiens, journalistes, vulgarisateurs et politiques sur la façon d’enseigner l’histoire. Au cœur des polémiques, la place du roman national comme vecteur d’appartenance à notre pays… Vainqueur par KO du premier tour de la primaire de la droite et du centre, François Fillon souhaite par exemple « réécrire les programmes d’Histoire avec l’idée de les concevoir comme un récit national ». Dans ce contexte polémique qui mêle pédagogie et idéologie, comment enseigner l’histoire du monde à nos enfants ? Une histoire foisonnante qui permet de comprendre certains enjeux contemporains.

Programmes d’histoire, la demi vérité de François Fillon dans son débat avec Alain Juppé

Comment se mettre en difficulté dans un débat télévisé de campagne électorale pour les primaires de « la droite et du centre » ? Il suffit de faire des erreurs factuelles et de parler trop vite pour exprimer une idée qui n’est pas tout à fait fausse.

Fillon se trompe sur le texte des programmes et des manuels, mais il a perçu des tendances bien présentes dans l’enseignement actuel de l’histoire. Les personnages qu’il cite comme Clovis sont pour certains bien présents dans les textes, mais sont relégués dans les programmes de l’école primaire et absents des textes officiels du collège. Il fallait sans doute en être resté aux polémiques sur la préparation des nouveaux programmes qui envisageaient de rendre l’étude des philosophes des Lumières facultative pour penser que Voltaire et Rousseau pourraient avoir disparu des programmes, mais les nouveaux programmes de collège ont supprimé les listes de personnages à connaître pour les remplacer par des problématiques générales. Les manuels et les instructions officielles montrent qu’il est tout à fait possible de parler de Jeanne d’Arc ou de Voltaire et Rousseau à l’intérieur des problématiques des programmes.

Le problème actuel des personnages dans l’enseignement de l’histoire n’est pas qu’ils soient absents mais qu’ils soient le plus souvent présentés bien trop rapidement et de manière dépersonnalisée. Robespierre en trente mots, c’est un peu court ! Contrairement à ce que dit Fillon, les élèves ont bien une idée de notre récit national; (Le récit du commun) les élèves savent que Louis XIV a existé, mais pas vraiment ce qu’il a fait de sa vie et de sa mort.

Sur l’idéologie, François Fillon n’a pas tord quand il dit « qu’on choisit les dates, les périodes, les hommes qui correspondent à l’idéologie qu’on défend », mais les textes actuels vont bien moins loin que les désirs idéologiques affichés par  Najat Vallaud Belkacem ou  Michel Lussault qui a dirigé la préparation des nouveaux programmes de la réforme du collège.

La solution de François Fillon, c’est la juxtaposition de mémoires opposées. Son discours de Sablé met côte à côte des héros opposés entre eux dans notre passé sans montrer comment conjuguer ces mémoires. Pour lui « La France c’est Saint Louis, Louis XI, Louis XIV, les révolutionnaires de 1789, Bonaparte, Napoléon III, la Troisième République, Gambetta, Thiers, Jules Ferry, Clémenceau, Jaurès, Poincaré, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac ».

Le livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences remonte pour sa part aux racines de nos récits nationaux et propose des réflexions pour arriver à conjuguer nos mémoires au lieu de les laisser poursuivre leurs vieilles guerres civiles.

Article de Vincent Badré dans la Revue parlementaire Réforme du collège et goût des jeunes pour la vie politique.

Dans la Revue Parlementaire : Comment réconcilier les jeunes avec le souci actif du bien commun ? Pour le faire, il faut comprendre le mélange d’ignorance, de distance et d’intérêt passionné que des adolescents peuvent avoir pour la chose publique. Il est nécessaire d’analyser aussi la manière dont les choix politiques sont présentés dans l’enseignement « refondé » par les nouveaux programmes de 2016. Cela nous mènera à une réflexion sur ce qui n’est pas assez bien posé dans cet enseignement et sur les voies d’une meilleure éducation à l’entrée en citoyenneté active.

La politique et les jeunes, entre distance, ignorance et intérêt discret pour les questions de biens communs

Jean-Marie Le Pen accédait au second tour de l’élection présidentielle le 21 avril 2002. Dans mon lycée de banlieue parisienne il y a eu une réunion « pour discuter de la situation » avec une quinzaine d’élèves sur un millier et quelques professeurs. J’en ai gardé le souvenir de deux remarques qui représentent très bien les difficultés actuelles d’un apprentissage de la vie en tant que citoyen.

La première venait d’une enseignante demandant : « Qui veut faire partie du service d’ordre » des manifestations contre Jean-Marie Le Pen. Elle a rencontré un silence de plomb. Personne parmi les élèves ne semblait savoir ce qu’est un service d’ordre et c’est un petit fait révélateur. L’immense majorité des élèves souffre d’un très grand manque de connaissances de l’art du combat politique.

La seconde venait d’une élève d’origine maghrébine disant « Manifester contre Le Pen, c’est bien, mais personne ne nous a appris à réfléchir pour savoir pourquoi c’est mal de voter pour lui ». Avec l’intelligence naturelle qu’ont souvent les élèves, elle avait mis le doigt sur une question très peu abordée dans la culture scolaire : comment faire pour savoir choisir le bon vote ou la bonne décision politique ?

Le terrain qui attend la mise en œuvre des nouveaux programmes de 2016 est assez similaire, avec en plus une montée du scepticisme vis-à-vis de l’engagement politique. Les réponses des élèves à une question écrite libre, anonyme et ouverte sur la vie politique montrent insistent sur la fréquence des mensonges politiques. Plus largement le monde politique leur semble lointain, trop technique pour eux et peu efficace.

Ma longue expérience d’organisation de débats d’éducation civique en lycée montre que ce désintérêt est en partie une apparence trompeuse. En posant certaines règles de débat et la liberté de choix de sujets parmi les grandes alternatives du débat public, de l’actualité aux questions de société, on peut obtenir une très belle participation, active, passionnée et sérieuse. Elle révèle l’existence souterraine d’opinions, de points de vue et de jugements fondés sur des valeurs. Elle montre aussi que l’espoir de les rendre efficaces est assez peu présent.

A une échelle plus large on peut voir une immense majorité qui « ne fait pas de politique » et se tient en retrait et des petits groupes qui se passionnent pour l’engagement, en tant que Veilleurs, dans le mouvement Nuit debout, les ZAD, le complotisme ou le djihad.

L’entrée des élèves dans le raisonnement politique est donc assez imparfaite et disparate. Il faut se demander quel rôle joue l’enseignement actuel dans cette difficulté d’ouverture à la participation civique.

Lire la suite sur le site de la revue.

L’histoire politisée à La marche de l’histoire de Jean Lebrun sur France Inter.

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C’est à écouter ici : https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-03-novembre-2016

Et si on ouvrait un temps de la con-ju-gai-son ? C’est aussi un des rôles de l’enseignement de l’histoire que d’initier à la conjugaison des différentes façons d’être

L'entrée de Jeanne d'Arc dans Rouen par Jean-Jacques Scherrer

L’entrée de Jeanne d’Arc dans Rouen par Jean-Jacques Scherrer © Getty / Leemage

Jean-Louis Debré, après avoir quitté la présidence du Conseil constitutionnel, a cru bon de devenir président du Conseil d’indiscipline, une émission de divertissement à la télévision. Le temps est à la confusion. Il a aussi cru nécessaire de composer cette prière : « Sainte Marianne, le peuple est avec toi, délivre nous des rois et des papes ». Le temps est à la triangulation, on emprunte les références de l’autre pour les retourner. Comme cela, on peut rigoler en voyant les gens se taper les uns sur les autres sans savoir très bien pourquoi.
Et si on ouvrait un temps de la con-ju-gai-son ? C’est aussi un des rôles de l’enseignement de l’histoire que d’initier à la conjugaison des différentes façons d’être.
La France est en effet un étrange projet qui tenait ensemble, bon gré mal gré, les hussards noirs de la République et les pères blancs de l’Église. Et qui aujourd’hui cherche encore à assembler le dissemblable.
Et puis il y a le monde. L’hexagone s’inscrit dans une sphère. C’est pour cela que l’histoire de France est souvent imaginée comme une pièce à rebondissements qui se jouerait au profit de l’humanité. Jean-François Revel disait que si le rayonnement de la France était constant, le monde serait calciné depuis longtemps. Donc nous avons tout fait ces dernières années pour être moins admirables et avoir moins d’abonnés à notre théâtre…
Néanmoins, l’exemplarité est encore revendiquée, la zizanie est toujours cultivée tandis que la rigolade se généralise.

Bon vent aux professeurs d’histoire.

 

 

Rapport parlementaire sur la théorie du genre … et les manuels

Un rapport parlementaire (relayé par le site du Mondeaffirme un chose et contient son contraire. Il prétend qu’il n’existe que des études sur la construction en partie culturelle des identités de genre masculin ou féminin et affirme dans son développement qu’il faut « déconstruire les stéréotypes » pour remplacer un modèle réducteur par un autre. rapport-parlementaireSelon sa présentation officielle, il  » fait le point sur la signification du terme « genre » qui fait l’objet de nombreuses interprétations erronées. Soulignant, qu’il n’existe pas de théorie du genre, il permet de comprendre ce que sont les études de genre et pourquoi elles sont nécessaires pour comprendre notre société et tendre vers une égalité réelle entre les femmes et les hommes. »

Il a été réalisé à partir d’auditions de personnes généralement fortement engagés dans une lecture militante des études de genre et voté à l’unanimité par les membres de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, y compris 12 parlementaires Les républicains.

D’après la présentation qui en a été faite par ses auteurs il recommande (entre autres propositions) un renforcement de l’utilisation du concept de genre dans l’enseignement et les manuels scolaires :

« 15. − Compléter l’intégration de l’égalité femmes-hommes dans les programmes scolaires à travers des modules dédiés et des approches transversales dans les différents enseignements.
16. − Mieux intégrer le genre et l’égalité femmes-hommes dans les manuels scolaires :
→ en diligentant une mission d’évaluation des manuels scolaires, confiée à des chercheur.se.s spécialisé.e.s sur les questions de genre ;
en approfondissant, à la lumière de ce diagnostic, les instructions données aux auteur.e.s et aux éditeur.trice.s de manuels scolaires ;
en créant un label ministériel « égalité » pour les manuels dont les contenus sont adaptés à l’apprentissage de l’égalité femmes-hommes et à la déconstruction des stéréotypes de genre, pouvant s’appuyer sur la grille d’évaluation élaborée par le Centre Hubertine Auclert.
17. − Réunir ces outils dans un guide pratique de formation à l’égalité femmes-hommes destiné à l’ensemble des membres des équipes éducatives. »

Selon ce rapport il s’agit donc d’aller encore plus loin que ce qui se fait actuellement dans les manuels scolaires.

Ce que les élèves retiennent du récit national actuel

Une étude basée sur une grande enquête auprès des élèves rejoint une bonne part des analyses des livres L’histoire fabriquée? et L’histoire politisée ? :
Le récit national n’est pas mort, mais il est dépersonnalisé et désincarné; on ne parle plus tellement des actions de ses héros.
Il reste cependant national en continuant à laisser de côté ce qui « divise » : les régions, les luttes de classes ou la démocratie directe et sociale, la domination coloniale et la présence catholique dans l’histoire de France.
Il faudrait pourtant en arriver à une histoire qui sache montrer les élans, les choix et les divergences ou les compromis de l’histoire de France.

Extrait d’interview :

« A l’encontre de ce que disent bien des politiques…, les jeunes de manière générale entretiennent une relation affective et admirative avec ce qu’a été leur nation…
De grands personnages reviennent de façon massive. Si on les compare au Panthéon précédent finalement on retrouve Louis XIV, Charlemagne, Napoléon et Louis XVI en tête de classement. Les grands personnages sont toujours mobilisés par les élèves.
Cependant, B Falaize et L de Cock, qui ont travaillé pour le livre sur cette question, montrent que ces personnages sont convoqués plus comme des icones que pour les actes qui leur sont attribués. Ils sont beaucoup cités mais leurs actions peu explicités.
On avait l’hypothèse de différences de récits selon les régions, par exemple en Corse ou à La réunion. … au final on a affaire à un récit très nationalisé. La spécificité des îles n’apparaît pas massivement. …
La France, qui a existé de tout temps sur le même territoire, depuis la Gaule, a connu beaucoup de guerres et de rois qui ont abusé. Face à eux le peuple s’est révolté. Cela a abouti à la démocratie comme une sorte de « happy end » de l’histoire.
On est marqué par des absences. Dans le livre vous montrez l’absence de l’histoire coloniale. Mais on peut aussi souligner l’absence de l’histoire ouvrière. Comment l’expliquer ?
L’histoire coloniale est plus présente que la dimension sociale. Elle apparaît dans 300 récits. Mais c’est quand même fort peu.
Quant à l’histoire sociale, elle est écrasée par la notion de « peuple ». Les groupes sociaux ne sont que fort peu présents dans les récits.
Par contre pour les tenants du roman national, il faut préciser que ce récit est très laïcisé. On n’est pas dans le récit des origines chrétiennes de la France… Finalement le récit est très républicain.
Mais est -ce un récit qui aide à la construction du sentiment démocratique ?
Les élèves citent beaucoup la démocratie mais surtout à propos du vote. La démocratie pour eux c’est voter. La délibération, la démocratie sociale ils ne les évoquent jamais.
Françoise Lantheaume, Jocelyn Létourneau (dir), Le Récit du commun. L’histoire nationale racontée par les élèves, P.U.L., ISBN978-2-7297-0907-5

Polémiques sur le Gender : y a t’il des liens entre lutte contre l’inégalité et Gender ?

Vigi gender publie des pages de manuels de diverses matières ou de conseils de lectures de certains académies. Le Huffington post répond en niant qu’il puisse y avoir un lien entre des documents placés côte à côte dans les manuels et parlant d’inégalités ou de stéréotypes.
Le lien est implicite, mais certains élèves sont assez habiles pour comprendre l’implicite et pour aller dans un sens suggéré par une juxtaposition d’images et d’idées.

Aletheia : Gender dans les manuels, sortir des réactions instinctives.

Interview de Vincent Badré dans Aletheia :
Extraits :

Et en quoi la critique du Pape est-elle finalement fondée, même historiquement ?
Au XIXe siècle, on expliquait que la femme avait des seins, l’homme non et qu’elle devait donc porter les enfants, s’en occuper et rester à la maison. On insistait d’autre part sur le fait qu’elle était trop émotive pour faire de la politique ou diriger quoi que ce soit. En clair, il n’y avait que la nature.
Aujourd’hui, on veut exactement l’inverse : nier la nature, à moins d’être accusé de biologisme.
L’Église offre une troisième voie entre deux visions radicales et excessives en réalité. Saint Paul nous le dit : nous sommes incarnés, faits de chair, mais nous avons également un esprit. Le discours catholique est donc simple : nous sommes corps et esprits et nous devons faire la part des choses.
Nous sommes évidemment déterminés et contraints par notre héritage dans une certaine mesure, mais également libre de nous accomplir en tant que personne. Il faut commencer par accepter ce qui est pour ensuite exercer sa liberté. Il est vrai aussi qu’il y a de multiples manières d’exprimer sa masculinité et sa féminité et l’Histoire est très utile pour le réaliser.
Vous êtes justement professeur d’histoire, quels sont ces exemples ?
Quand Louis devint Soleil: Le Ballet Royal de La Nuit
On peut par exemple parler de Louis XIV qui pleurait comme une madeleine à chaque spectacle auquel il assistait. Il était très émotif, il était couvert de rubans et portait des talons hauts mais personne n’a jamais eu l’idée de lui dire qu’il était une fille !
On a également eu au XVIIe et XVIIIesiècles des femmes qui ont gouverné la Russie, l’Autriche et même la France, et qui n’ont pas laissé que de bons souvenirs à leurs ennemis ! Et pourtant, elles étaient bien des femmes, mais personne ne trouvait ça absurde à l’époque, il a fallu attendre le XIXe siècle.
Donc par l’histoire, on pourrait proposer des ouvertures aux enfants en leur montrant qu’il y a différentes manières d’être homme ou femme, sans leur plaquer un modèle pour en détruire un autre !
Propos recueillis par Charlotte d’Ornellas.
Image : Ballet royal de la nuit.

Documents : Le Gender dans les manuels d’éducation civique de 6e et 5e

« Tous les manuels de 6e et 5e utilisent la théorie du genre » interview de Vincent Badré dans L’opinion

article-lopinionA lire ici. (Achat)
Extraits :
Les programmes scolaires du collège ont-ils vraiment introduit la « théorie du genre » ?
Ils affirment au départ qu’il faut lutter contre les discriminations. Les programmes d’éducation civique insistent par exemple sur celles qui alimentent les inégalités entre les hommes et les femmes. Pour cela, il faut se battre contre le sexisme. Déjà, cela exclut toutes les autres causes qui peuvent défavoriser les femmes, par exemple dans le cadre professionnel.
Ensuite, se battre contre le sexisme implique d’analyser les stéréotypes sexuels [cycle 3]. Ce qui est sous-entendu dans les programmes, c’est qu’il y a de bonnes et de mauvaises représentations. Il ne s’agit pas en effet seulement d’éviter les orientations imparfaites en montrant aux filles qu’elles peuvent faire des métiers qui semblent réservés aux garçons. Les images de « Julien, sage-femme » et de « Maud, grutière » (Nathan 5e, 1 p. 321 ; Nathan 5e, 2 p. 321) sont par exemple placées peu avant une affiche en anglais expliquant « stereotype this, discrimination stunts potential » (Nathan 5e, p. 331). genre-pape-egalite-nathan-5e-p-320-321-331On y voit une petite fille qui arrache sa robe de princesse et dévoile en dessous une tenue de superman. Voilà une référence directe à cette « théorie du genre »
qui suscite des inquiétudes et les polémiques.

Rousseau disait : « Il faut que l’enfant ne voie que la patrie, et il deviendra patriote ». Aujourd’hui, on dit : « Il faut que l’enfant ait compris les stéréotypes de genre pour être libre ». Le problème c’est que cela peut blesser la conscience de certains enfants qui comprennent bien le sens implicite de ce qui est contenu dans ces manuels.

Les professeurs suivent-ils à la lettre ce qu’il y a dans les programmes ?
Tous les professeurs ne font pas d’éducation civique. D’abord parce que c’est une matière difficile et délicate. Ensuite parce que l’Education nationale ne demande pas de parler au cœur des élèves, mais à leur intelligence. Les écrits des manuels sont ce qu’ils sont, mais pour qu’ils se transforment en cours, il faut des enseignants disposés à porter ces thématiques.
[et ils sont peu nombreux].

Bonheurs de l’enseignement, manuels scolaires et théorie du genre : Grand témoin sur Radio Notre Dame

Grand témoin de Radio Notre Dame le 5 octobre : Vincent Badré

Echanges et témoignages sur l’enseignement aujourd’hui, le bonheur d’enseigner et la manière dont les réformes peuvent s’appliquer dans la réalité.

Réflexions aussi sur les manuels scolaires et leur manière d’introduire de la théorie du genre en partant des programmes. La lutte contre les inégalités d’accès à certains métiers passe uniquement par un effort pour changer les réflexes de pensée des enfants et les « stéréotypes sexuels » (programme Cycle 3). Traduction dans tous les manuels, des métiers à l’inverse des habitudes comme « maud la grutière » et « julien le sage-femme » et dans un manuel « C’est nul les princesses ».

à partir de L’Histoire politisée, Réformes et conséquences

Théorie du Genre : Le Pape, Najat Vallaud Belkacem et les manuels de collège

Théorie du genre dans les manuels de collège français.
D’après l’enquête et les analyses du livre
L’histoire politisée ? réformes et conséquences, Editions du Rocher, 2016.

En histoire. Ni études de genre ni théorie du genre ou idéologie du genre.
En Education civique : Théorie du genre partout.
Chez les professeurs : Faible succès des formations sur la question du genre. L’application des programmes ou des pages de manuels sur le sujet risque d’être peu fréquente.

En Education civique : Théorie du genre partout.
Présence systématique d’une inversion des modèles « traditionnels » du masculin et du féminin.
Etude réalisée sur les l’ensemble des manuels de 6e et 5e publiés par les principaux éditeurs scolaires : Belin, Bordas, Hachette, Hatier, Lelivrescolaire.fr, Nathan, Magnard.

Objectif ministériel : Assurer l’égalité entre filles et garçons par des orientations qui ne soient pas réduites par l’idée que certains métiers ne seraient pas « faits pour les filles ».
Programmes : L’objectif d’égalité est associé à celui de lutte contre les stéréotypes culturels  attribuant certains rôles aux hommes ou aux femmes (études et théorie du genre) : « Respecter tous les autres et notamment appliquer les principes de l’égalité des femmes et des hommes. Cycle 3 : – L’égalité entre les filles et les garçons. Cycle 3 : – Analyse de certains stéréotypes sexués à travers des exemples pris dans des manuels ou des albums de littérature de jeunesse ou le cinéma. »genre-pape-egalite-nathan-5e-p-320-321-331(Image Nathan 5e, pp 320, 321 et 331)

Modèles masculins et féminins inverses des représentations sociales habituelles.
Tous les manuels étudiés ont choisi de ne présenter que des exemples de modèles d’homme ou de femme inverses des représentations habituelles.
Voir citations ci-dessous.

Jugements de valeurs hostiles aux rôles traditionnels attribués aux hommes ou aux femmes. Ils sont présents dans certains manuels.
Voir citations ci-dessous.

En histoire. Ni études de genre ni théorie du genre ou idéologie du genre.
En 5: Dans les programmes sur le Moyen Age et les manuels correspondants ; Ni études de genre ni théorie du genre ou idéologie du genre.
Très faible présence des femmes en général dans les documents et les exemples choisis. On ne trouve que 17 ou 23 % de documents contenant au moins une femme dans les supports qui pourraient présenter un personnage de l’un ou l’autre sexe dans les manuels de 5e Hatier et Hachette publiés en 2016.
En 4e : On souligne plus qu’avant l’importance d’une étude du mouvement féministe de libération des contraintes légales et sociales subies par les femmes au XIX siècle.
Le programme demande d’étudier les « Conditions féminines dans une société en mutation : Quel statut, quelle place, quel nouveau rôle pour les femmes dans une société marquée par leur exclusion politique ? Femmes actives et ménagères, bourgeoises, paysannes ou ouvrières, quelles sont leurs conditions de vie et leurs revendications ?
Les manuels traitent la question en suivant un récit féministe, sans réelles études de genres et sans théorie du genre.

Concepts utilisés dans cet article. Définitions :
Etudes de genre : observations historiques sur la manière dont une société décrit l’expression culturelle de ce qui est masculin ou féminin.
Théorie du genre : Idée selon laquelle l’adhésion à un genre « masculin » ou « féminin » est essentiellement le résultat d’un choix, suivant la phrase de Simone de Beauvoir « On ne naît pas femme, on le devient ». Cela peut conduire à des observations sur des formes de « trouble dans le genre » décrites par Judith Butler.
Idéologie du genre : Le fait de considérer l’existence d’un « trouble dans le genre » comme quelque chose de positif et de souhaitable par une « queer théory » et une « subversion de l’identité » qui déconstruise l’idée même de « féminin » et de « masculin ».

Références extraites du livre L’histoire politisée ? réformes et conséquences, Editions du Rocher, 2016.
Modèles masculins et féminins inverses des représentations sociales habituelles.
Tous les manuels étudiés ont choisi de ne présenter que des exemples de modèles d’homme ou de femme inverses des représentations habituelles.
– Le garçon qui fait de la danse, dans les manuels, c’est Billy Elliot
Lelivrescolaire.fr 6e,  2 p. 307 et ici Hatier 5e, 3 p. 342.

genre-pape-ministre-ha5-p342– Le dossier d’un manuel de 6e sur « Être une fille, être un garçon » montre ainsi deux documents sur l’inégalité des tâches ménagères, une loi sur l’égalité des droits et la non-discrimination à l’embauche et trois documents sur des inversions de modèles : fille au rugby, homme sage-femme ou père au foyer. Les questions posées sont : « Les gens sont surpris, l’êtes-vous également ?  Trouvez-vous cela normal ?
Magnard 5e pp. 306-307.
Les images de Julien, sage-femme et de Maud, grutière sont en effet placées juste avant une affiche en anglais disant « stereotype this, gender discrimination stunts potential »
Nathan 5e, 1 p. 321 ; Nathan 5e, 2 p. 321 ; Nathan 5e, p. 331[1].
Théorie du genre construit : Présence de la notion de stéréotype.
– « Stéréotypes de genre [qui] se retrouvent également dans les livres et les jouets destinés aux petits enfants ». Belin, 6e 3 p. 300.
– « On réserve aux garçons [certaines] filières,. on [leur] offre des jouets faisant appel à la réflexion et si nos jouets influençaient nos choix professionnels ? » Magnard 5e 1 p. 297.
– « Cela paraît incroyable, mais ces stéréotypes sont si puissants qu’ils enferment les filles et les garçons dans des rôles » qui sont des « idées fausses » qu’il faut combattre pour « faire toujours ce que l’on a vraiment envie de faire, tout en respectant les idées de chacune et de chacun » (reprise d’une affiche des éditions Milan, en lien avec la Ligue de l’enseignement).
Hatier 6e, p. 349.
[Dans un manuel de 3e]
« Maintenant que vous avez compris les stéréotypes de genre, réfléchissez librement à votre orientation,  élaborez un poster montrant vos futurs métiers
Lelivrescolaire.fr 3e, p. 405.
Invitation à remettre en cause les modèles habituels.
– Un dossier propose d’apprendre à « être un héros sans préjugés » pour ne pas tomber dans les stéréotypes, ces « images caricaturales que l’on se fait d’une personne ou d’un groupe ». Il part des films de Disney et Pixar où heureusement il y a des antihéros qui « sont intéressants car ils permettent de lutter contre les préjugés ». Il dit ensuite aux élèves : « Inventez une (anti) héroïne » en imitant les exemples suivants « Un garçon doit-il toujours être grand et fort ? Une fille douce et calme ? » Le résultat ressemblera peut-être à « Malika la skateuse » et l’élève aura réussi s’il a « appris à nuancer [son] point de vue » en sortant des préjugés qu’il pourrait avoir.
Lelivrescolaire.fr, 6e, p 319[2]

genre-pape-ministre-lls6-p319– Le chevalier servant doit s’excuser d’exister : un jeune homme « décide de se battre pour sauver sa bien aimée », mais « pour cela il va d’abord devoir s’engager pour sauver la planète. »
Magnard 5e p. 308.
Jugements de valeurs hostiles aux rôles traditionnels attribués aux hommes ou aux femmes. Ils sont présents dans certains manuels.
– « c’est nul les princesses  et après elle est enfermée toute sa vie. Elle fait des enfants, elle lave le linge, elle fait à manger. Elle passe son temps à se friser les cheveux. »
Hatier 5e, 1 p. 342

Très faible présence de la question homosexuelle dans les manuels.
Les manuels ont illustré dans le détail l’objectif de lutte contre le sexisme présent dans le programme. Ils sont bien plus réservés à propos de l’homosexualité. Rien dans les manuels de 6e. Dans ceux de 5e, on ne trouve que deux allusions à propos de la discrimination pour le logement Nathan 5e, 2 p. 336 : « Je ne veux pas louer mon appartement à ce genre de couple. » (Bordas 5e, p. 253 Seul le manuel Hatier de 5e insiste fortement sur la question.

[1] Les deux premières références sont corrigées par rapport au livre
[2] Référence ajoutée par rapport au livre.

Tribune libre dans La Croix : Sarkozy et les Gaulois, combat de faux semblants et vraie crise d’identité.

Vincent Badré, professeur d’histoire-géographie
PAR LA-CROIX.COM
Texte complet avec liens à suivre.

Nicolas Sarkozy construit une arme d’instrumentalisation massive sur des apparences. Il déclare qu’à partir du moment où l’on devient Français, «on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois» et nombreux sont ceux qui s’écharpent pour savoir si c’est vrai. Najat Vallaud Belkacem répond en lui faisant un petit cours d’histoire en partie faux lui aussi.

En utilisant les mots « nos ancêtres les Gaulois » Nicolas Sarkozy utilise des mots qui gênent et donne l’impression qu’il est proche des français « de souche » ; mais il parle en fait de la nécessité d’adhésion à une culture quand on obtient la nationalité française.

La polémique.
Najat Vallaud Belkacem est ravie de l’occasion de pouvoir donner pour sa part l’impression qu’elle est du côté de l’histoire véridique de la France de la diversité. Elle continue ainsi une apparence de lutte contre le « roman national » des « petits bonhommes dociles en uniforme récitant le catéchisme d’une France immémorielle et idéalisée » quand les programmes et les manuels d’histoire qu’elle a mis en place n’apportent qu’une légère inflexion dans ce sens.

Nicolas Sarkozy s’est remis au centre des polémiques en touchant un point très sensible, celui du rapport des français aux liens entre parents et enfants. La famille réduite au noyau fondamental des parents et de leurs enfants devient un sujet de passions radicales. Pour Yann Moix elle est insupportable et pour les opposants à la loi Taubira avoir « un père et une mère c’est élémentaire ».

[Les « véritables » identités françaises].
Ce clivage autour de la généalogie se retrouve à propos de l’histoire. La gauche sociétale dit avec Laurent Joffrin que le rappel d’une continuité généalogique majoritaire dans le peuple français est « totalement contraire à la véritable identité française, qui est celle du mélange » et discrimine ceux qui ont une autre origine. Elle reste par cela dans une pensée biologique. Selon Suzanne Citron, la Révolution française « s’est en effet inscrite dans un cadre raciologique, celui de la suprématie du tiers état, descendant des Gaulois sur la noblesse ayant les Francs pour origine » et l’historien Dominique Borne ne veut pas d’un enseignement de l’histoire qui serait généalogique.

La droite assimilationniste s’appuie au contraire sur une définition culturelle de la nation. Nicolas Sarkozy en donne une version radicale en disant qu’il faut « vivre comme un français » quand on le devient. D’autres intellectuels ou politiques ayant une origine en partie lointaine comme lui vont dans le même sens.  Les candidats à la primaire du parti Les républicains ont pourtant du mal à proposer une identité culturelle et un nouveau récit national réellement utilisable. Ils font des listes de personnages historiques à connaître, mais sans expliquer comment faire vivre ensemble racines chrétiennes et laïcité dans une identité heureuse (Juppé), Napoléon III et la IIIe république (Fillon) ou le Musée de l’Immigration et le Musée de l’Armée (Le Maire).

Raconter notre histoire.
Pour retrouver un rapport apaisé à notre identité historique il faudrait passer des oppositions de mémoires à leur conjugaison. Reconnaître sans les opposer les continuités du sol et des villages et les apports extérieurs. Des professeurs d’histoire de terrain comme Mara Goyet montrent qu’il est possible de le faire en racontant l’histoire du roman national et les réalités de notre histoire. Il faudrait devenir capables de faire comprendre les débats du passé, la beauté des points de vue opposés et de nos compromis historiques. Une identité culturelle, ouverte et riche serait capable de Il faudrait aussi penser des degrés d’adhésion libres et variés à une culture commune. Nicolas Sarkozy dit qu’il faut vivre « comme un français », mais il y a plusieurs manières de le faire en s’inspirant de toute la variété des personnages de notre histoire.

Islam de plus en plus « non violent » : influence des programmes et des instructions officielles

Barbara Lefèvre, professeur d’histoire géographie critique des programmes et des manuels simplistes et déformés à propos de l’islam car ils ne montrent pas assez sa part de violence.
Elle cite les programmes : «les rapports entre le monde chrétien et le monde musulman ne se résument pas à des affrontements militaires» édictent les programmes. Sur la question des contacts, les instructions officielles appellent à «équilibrer» en ne donnant pas trop de poids à «l’étude des événements ayant tendance à mettre l’accent sur les contacts belliqueux».

Au delà des nombreux exemples qu’elle cite, il est possible d’avoir une approche quantitative de la question en partant des manuels disponibles en 2010 et de leurs versions plus récentes de 2016.

Il faudrait aussi apprendre à montrer ensemble la violence et la tolérance, comme éléments d’un même système culturel.

Mentions de la conquête violente :
2010 :
Trois manuels sur six manuels des grands éditeurs montrent que le Coran contient un appel explicite à un djihad militaire et conquérant.
Hatier, 5e, 3p13 ; Hachette, 5e, 3p16 ; Nathan, 5e, 3p14
2016 :
Tous les manuels des grands éditeurs de manuels scolaires ont supprimé cette référence au djihad. Le manuel Belin contient seulement un texte qui fait une allusion à la « guerre sainte » et au statut de dhimmi/protégé qui suit la conquête musulmane (Belin, 5e, 2016, 2p41).
Seuls deux manuels périphériques osent le faire; le manuel rédigé par une large équipe de professeurs pour lelivrescolaire.fr et celui dirigé par Dimitri Casali (qui en parle discrètement).

Mentions de la tolérance des musulmans.
2010 :
Tous les manuels citent le « Pacte d’Omar » qui aurait été accordé lors de la prise de Jérusalem en 638 mais qui n’est connu que par un texte du IXe siècle. Ils disent que cette déclaration permet aux chrétiens et aux juifs de conserver leurs biens et leurs cultes en échange du paiement d’un impôt. Quatre de ces manuels demandent aux élèves de souligner qu’il s’agit d’un acte de tolérance.
Belin, 5e, 5p13 ; Bordas, 5e, 5p21 ; Hatier, 5e, 3p11 ; Magnard, 5e, bp23
2016 :
Ils sont quatre sur six à citer des textes montrant la tolérance des musulmans : (Belin avec des chrétiens de Homs soulagés de la conquête musulmans 2p30, Bordas, Casali, Magnard).

Les manuels scolaires ignorent totalement les chrétiens d’Orient.

La réalité des manuels d’histoire est plutôt celle d’une grande prudence pour éviter les polémiques sur les questions sensibles. Ils édulcorent la présentation des violences associées à l’islam et chantent la gloire des sciences à Bagdad au ixe siècle sans jamais préciser l’apport de chrétiens Syriaques et Chaldéens, de Juifs et d’Indiens dans cette réussite.

La double page présentée ici mosqu-damasmontre par exemple la mosquée de Damas (Belin 5e pp 36-37). Elle ne dit pas qu’elle a remplacé une église construite sur les ruines d’un temple païen et que son architecture doit beaucoup à l’art des chrétiens d’orient.

Les manuels et sans doute l’enseignement de beaucoup de professeurs restent dans le consensus. La tradition scolaire française peine à montrer des divergences d’analyse et des débats sur un sujet d’études. Elle a aussi du mal à montrer des analyses sociologiques, culturelles ou ethnologiques.

L’histoire politisée ? Interview sur Radio Sputnik.

Interview sur Radio Sputnik : Réforme du collège, réforme de l’histoire : Comment retrouver l’enthousiasme et comment vivre les réformes politiques de l’enseignement de l’histoire ?

« on essaie d’avoir une histoire qui ressemblerait à ce qu’on voudrait entendre : un rêve un peu primitif pour les époques anciennes, et une histoire très émotionnelle pour les choses plus récentes. »

Une politique d’assimilation à l’identité française est elle possible ?

C’est l’opinion de Bérénice Levet dans le Figaro.
L’assimilation pour tous pose cependant un problème logique et humain, celui de la liberté de l’esprit. Face à un discours de glorification ou de repentance, il y a aura toujours des adhésions et des refus. Face à un récit national, il y aura toujours des réticences et des nuances chez les uns ou les autres.
Par contre un enseignement de l’histoire qui serait capable de faire découvrir toute la richesse et la variété des personnages et des opinions présentes dans l’histoire de France aurait des chances d’être reçu plus largement.

Sarkozy relance la polémique sur l’histoire

Nicolas Sarkozy relance la polémique sur les racines des français de souche quelques jours plus tard et la droite joue avec le roman national sans savoir l’actualiser tandis qu’une partie de la gauche veut un récit qui « ne commande pas l’amour de la France, qui ne construit pas implicitement d’aversion ou de rejet envers des figures d’altérité irréductible (le juif, l’immigré, le musulman), ferment du nationalisme » et cherche ce qui se cache d’obscur ou de nauséabond dans la volonté d’enraciner la cité dans le  passé plutôt que dans une citoyenneté abstraite.

Le livre  » l’histoire politisée? Réformes et conséquences » dans les médias.

L’histoire politisée ? Réformes et conséquences
Ou comment sortir du blocage des polémiques sur l’histoire.
Tribune libre :
Site internet La Croix. (Avec liens).
Commentaires d’opinions :
Liberté pour les professeurs. Gauche/droite. Hommes politiquesIslam. Chrétiens d’Orient. Récit accusateur. Assimilation.
Thèmes :
Simplifications politiques (Public Sénat) / Programmes orientés (Le Figaro) / Manuels qui conservent des pédagogies contestées (Europe 1, Le JDD.fr) / Impatience face à une neutralité affichée (Figarovox) et impossible (Le JDD.fr) et bons manuels (Histoirepolitisée.fr) / Intégrer la diversité des mémoires de notre passé national (Famille Chrétienne) / sans idéalisation ni repentance (Les influenceurs).
Autres médias : Dossier : France Catholique / Vidéo Public Sénat, Zoom TV Libertés / Audio : Kernews, Arrêt sur info, Sputnik / Presse : Figaro, Figarovox, Livres Hebdo, Famille chrétienne.

Simplifications politiques :
Grand Entretien Public Sénat; Sonia Mabrouk :  « Vincent Badré, professeur d’Histoire à Paris dénonce les déclarations simplificatrices sur l’Histoire faite par les politiques. Il s’en prend notamment à François Fillon, qui dans son livre « Faire », « découvre l’intérêt de la question de l’Histoire » et passe pour un amoureux du « roman national », et Najat Vallaud-belkacem, qui a déclaré ne pas vouloir « des petits bonshommes dociles en uniforme récitant le catéchisme d’une France immémorielle »Nicolas Sarkozy relance la polémique sur les racines des français de souche quelques jours plus tard et la droite joue avec le roman national sans savoir l’actualiser tandis qu’une partie de la gauche veut un récit qui « ne commande pas l’amour de la France, qui ne construit pas implicitement d’aversion ou de rejet envers des figures d’altérité irréductible (le juif, l’immigré, le musulman), ferment du nationalisme » et cherche ce qui se cache d’obscur ou de nauséabond dans la volonté d’enraciner la cité dans le  passé plutôt que dans une citoyenneté abstraite.

Programmes orientés :
Le Figaro
Marie Estelle Pech : « On en est largement resté à une tentative de ‘’tirer le mammouth’’ vers la gauche ? » : « Les nouveaux programmes sont loin de la révolution pédagogique tentée au départ par le ministère, puis qu’ils ont été remaniés. … [mais] Leur problématisation donne une orientation politique. Les crises financières sont présentées [d’une manière implicitement] marxiste. Le programme de quatrième n’ouvre pas la porte à une autre interprétation de la révolution industrielle ! ».
La ministre de l’éducation nationale et les auteurs des programmes ont en effet manifesté leur intention d’introduire leurs propres idées dans les programmes (Zoom TV libertés)… et ont été suivis en partie.

Manuels qui conservent des pédagogies contestées :
Europe 1Frédéric Taddeï : « Quoi de nouveau dans l’enseignement de l’histoire depuis l’an 2000 ? » : Comme bien souvent dans l’Education nationale, il faut que tout change pour que rien ne change. La plupart des manuels sont dans le modèle pédagogique des années 1980, un résumé très sec et des documents dispersés. Leurs contenus sont parfois inchangés depuis très longtemps et parfois dans la suite des années 1970 : civilisations lointaines, anti colonialisme et oubli du patriotisme.
Lejdd.fr : « La recherche historique fait chaque année des progrès ou, au contraire, invalide des thèses passées. Les manuels et programmes d’histoire les répercutent-ils? » Cela dépend des préférences des rédacteurs des manuels, mais bien souvent, le travail des universitaires n’est pas pris en compte. … Exemple : seul un livre donne une vision de Louis XIV actualisée. … De ce point de vue, les manuels sont souvent conservateurs. »

Neutralité impossible ?Figarovox : « Notre époque est plus grave et plus inquiète ; elle exprime une certaine impatience par rapport à la neutralité affichée de l’enseignement de l’histoire. Il y a un désir de sortir de la grisaille et de souligner les clivages et les motifs d’adhésion »
Le JDD.fr : « Les professeurs d’histoire ont un devoir de neutralité dans l’exercice de leur métier. Qu’en est-il vraiment? » La promesse de neutralité est toujours délicate. Pour la réaliser au mieux, les professeurs doivent apprendre, avant de l’enseigner à leurs propres élèves, à s’intéresser à ce qu’ils désapprouvent. Les cours d’histoire-géographie doivent permettent de former l’esprit critique.

Il est cependant possible de faire de bons manuels d’histoire 
:
histoirepolitisee.com : Certains cherchent des manuels de gauche ou de droite, alors qu’il faudrait chercher ce qui est bon dans des manuels de droite ou de gauche.
Et de montrer
La diversité des mémoires de notre passé national,
sans idéalisation ni repentance :
Famille chrétienne : L’auteur propose de développer « chez les élèves l’amour des héros. … Pas seulement des guerriers mais aussi des personnes handicapées …  Cette variété aurait l’avantage d’offrir plusieurs possibilités d’identifications différentes. »
Lesinfluences.fr : L’auteur apporte « une réflexion sur la meilleure manière de faire vivre ensembles les composantes de l’identité française, pour qu’elle puisse être transmise aux élèves dans toute leur diversité ».
Gregoiredetours.fr : Citation de l’auteur « La solution de polémiques sur l’enseignement de l’histoire se trouve peut-être dans une pensée de liberté. Liberté de choisir un exemple historique plutôt qu’un autre, un jugement positif sur un personnage ou sur ses adversaires et une pédagogie plutôt qu’une autre. Si l’idée d’un récit national unique et figé est une utopie irréalisable, la possibilité de construire plusieurs récits proches les uns des autres, réalistes, ouverts et joyeux est tout à fait réelle. C’est un travail qui commence »

Sortir des polémiques en donnant la liberté aux professeurs d’histoire ?

Historienne reconnue de l’enseignement de l’histoire, Patricia Legris écrit : « Plutôt que de se demander s’il faut un roman national « de gauche », reposant sur une approche critique du passé, ou « de droite », sélectionnant des faits glorieux, ne pourrait-on pas choisir un enseignement de l’histoire dégagé de la finalité civique qui bloque toute réforme ? …

Ne peut-on pas enfin reconnaître que chaque classe, chaque enseignant, chaque établissement sont particuliers pour autoriser des programmes souples articulés autour de points obligatoires et d’options ? ».

Cette idée avait fait scandale lors de la présentation des projets de programmes actuels. L’idée d’une liberté de choix donnée aux professeurs avait ouvert une certaine angoisse de la dispersion et de la liberté. Ils risquaient de ne pas traiter la Chrétienté médiévale ou l’époque des Lumières. L’idée de liberté pour les enseignants n’est cependant pas à oublier totalement. C’est par elle qu’ils pourront déployer leur créativité et leurs goûts et intéresser encore plus leurs élèves.

Pour que cette liberté devienne possible il faudrait lui donner quelques règle de méthode, et en premier lieu celle qui ferait aux professeurs un devoir de présenter de manière réaliste la diversité des mémoires historiques françaises. Dans le texte des programmes, cela pourrait se traduire par le droit de développer plus ou moins tel ou tel repère de mémoire. Certains personnages ou événements pourraient être simplement évoqués pour mémoire tandis que d’autres seraient vus en détail.

Public Sénat, Grand entretien Vincent Badré, L’histoire politisée?

« La tentation qu’on peut avoir est de ne pas parler des débats » … « On a fait des manuels républicains, des manuels communistes, des manuels catholiques.  (…) On est prisonnier aujourd’hui de cette question de l’origine en se demandant où étaient finalement nos ancêtres ».

Selon lui, il faudrait montrer que l’identité est suffisamment large pour donner la possibilité à chacun  de s’inspirer de n’importe quel personnage historique.


Grand entretien : Vincent Badré par publicsenat

Histoire politisée ? : Faut il choisir entre manuels de droite et manuels de gauche ?

Pour certains, il faudrait classer les manuels, savoir dans quel côté politique ils se situent. L’exercice n’est pas impossible, il y a des nuances entre les manuels les plus largement diffusés et avec le manuel de Dimitri Casali. Cela pose tout de même un problème à certains analystes du livre L’histoire politisée ? Réformes et conséquences. Ils voudraient le rattacher à un camp politique donné et scruter l’intimité des préférences de l’auteur.

image3672Pour un analyste du site gregoiredetours.fr, l’auteur « laisse entendre quand même clairement qu’il préfère la série des ouvrages de Carnat et Joyeux pour le cours d’histoire en seconde, première et terminale chez Le Robert (élaborée par des professeurs venant du site Le café pédagogique) aux ouvrages de Dimitri Casali aux éditions La Martinière. »

En sens inverse Livres hebdo écrit que « seul trouve grâce à ses yeux le Nouveau manuel d’histoire : programme 2016 de Dimitri Casali soutenu par SOS Education, association très marquée à droite. »

Il faudrait sortir de cette logique partisane, pour pouvoir arriver à intégrer les diverses identités politiques françaises. Il faudrait pouvoir citer des exemples « de gauche » sur la vie des ouvriers ou « de droite » sur celle des généraux de la guerre de 14-18 sans être classé dans un parti ou un autre.

Intégrer nos diverses mémoires est important pour pouvoir aussi ouvrir des possibilités d’intégration aux élèves venus de la diversité. Il est plus facile d’entrer dans l’héritage moral de figures historiques variées.