Comprendre la folie du Burkini par l’histoire de notre identité.

C’est la polémique du moment; un vêtement qui voile, une coutume différente qui s’invite dans le village gaulois et les passions se déchaînent.
L’enseignement de l’histoire n’a pas en lui même de conclusion politique et morale à imposer face à la question politique et juridique que pose le Burkini. Par contre il pourrait permettre de comprendre l’ampleur des réactions en France et l’étonnement que cela suscite dans d’autres pays, en particulier anglo saxons.
Le programmes d’histoire publiés en 2016 ont du mal à bien faire comprendre les identités françaises dans toute leur profondeur historique. Le livre L’histoire politisée ? Réformes et conséquences propose une réflexion sur les identités françaises, bagarreuses et souvent pleins de compromis inavoués, ouvertes au monde et peinant à accepter les divergences de comportement culturel; un peu comme le village d’Astérix et son barde Assurancetourix. Le site Atlantico donne un extrait du livre à ce sujet.

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Chronologie en histoire au collège, le demi mensonge de Najat Vallaud Belkacem

Extrait du livre « L’histoire politisée? Réformes et conséquences », relayé par le site Atlantico :
« «Mais non pas du tout !»: le gouvernement répond à l’accusation de supprimer la chronologie
Face à la fronde, le gouvernement a utilisé des tactiques habituelles en communication politique. Najat Vallaud-Belkacem utilise par exemple une vérité partielle pour prendre à contre-pied ses opposants quand elle déclare: «D’abord, et c’est prévu, il faut revenir à la chronologie pour permettre aux élèves d’acquérir des repères temporels solides.» Elle peut prétendre que ses opposants profèrent des «mensonges éhontés» en disant que les nouveaux programmes suppriment complètement la chronologie. En effet, les chapitres du nouveau programme sont rangés dans l’ordre chronologique.
Il faut voir aussi l’autre partie de la vérité, et la plus déterminante dans la réalité vécue des élèves: les repères de programmation prévus ne parlent que de thèmes à traiter. L’intérieur de ces thèmes est lui aussi thématique : «L’Europe de la Révolution industrielle: nouvelle organisation de la production, nouveaux lieux de production, nouveaux moyens d’échanges.» ».

Autres note de ce blog sur le même sujet : Une disparition en débat et presque rien n’avait changé sur le sujet en 2013.

François Fillon vient de redécouvrir que l’histoire de France était importante.

L’ancien premier ministre vient d’utiliser 17 fois le mot « histoire » dans un discours récent prononcé à Sablé sur Sarthe le 28 août 2016.
On a pu l’entendre dire que « La première condition du redressement national est dans le respect du passé, l’acceptation de l’Histoire, la reconnaissance des vrais héros qu’ont été les paysans français qui ont construit la puissance nationale, les scientifiques et les inventeurs qui lui ont donné les clés de son rayonnement international, la chrétienté qui a forgé sa conscience, les philosophes des lumières qui en ont fait l’avant poste du combat pour les libertés individuelles, les soldats de l’An II qui l’ont défendu contre ses ennemis, les poilus   de Verdun, les Français libres et ceux de la Résistance, les ingénieurs et les ouvriers qui ont permis Concorde, Airbus, le TGV, Ariane, le nucléaire et la renaissance des années soixante. »
François Fillon confond aussi malheureusement la réflexion et la remise en cause en disant vouloir « que les maîtres ne soient plus obligés d’apprendre aux enfants « à comprendre que le passé est source d’interrogations ». Faire douter de notre Histoire : cette instruction est honteuse ! »
Il est un peu curieux de constater que cette préoccupation ardente est récente. Son grand livre programme, « Faire », publié il y a un an n’accorde pas un mot à cette question.
Extrait du livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences de Vincent Badré :
« François Fillon parle de Faire, mais sans relier son projet politique à une identité nationale ou historique. Il raconte ses racines, des ancêtres vendéens, basques ou sarthois, artisans ou garagistes ; mais ne donne pas un mot à l’histoire dans ses propositions pour l’école. Pour lui, « c’est [par] notre organisation que nous devons réformer » en offrant plus d’autonomie aux chefs d’établissements. Il ne propose par contre aucun changement dans les contenus d’enseignement ».

La réforme du collège va t’elle bouleverser l’enseignement … y compris de l’histoire ?

Mara Goyet, est sans enthousiasme : « Eh bien voilà. Cette réforme, … il y a ceux qui pensent simplement mais fermement qu’elle tape à côté, est incroyablement anodine, indécemment à côté du sujet, pâlement fade au regard des problèmes rencontrés par les élèves. … Cette contestation modérée de la réforme n’a pas pu être entendue. »
Le président du SNALC est sceptique : Sincèrement, je crois que la réforme va s’ensabler. … Chaque établissement fera sa petite cuisine pour arrondir les angles aigus de la réforme et amortir ses effets délétères. Ce sera un sabotage de l’intérieur, … Dans la pratique, on continuera comme avant.

Le livre L’histoire politisée ? réformes et conséquences montre quelles sont les véritables évolutions de l’enseignement de l’histoire et comment dépasser les polémiques sur celui ci.  

L’histoire politisée? Réformes et conséquences, un nouveau livre de Vincent Badré

Disponible en librairie et sur Internet le 1er septembre. Histoire politisée

Présentation par l’éditeur :
L’histoire est-elle politisée ? Oui, elle est mal politisée.
Le gouvernement a voulu réaliser une « refondation de l’école »
et une réforme du collège. Pour cela, il devait relire et revoir à
sa manière l’enseignement de l’histoire et de l’éducation civique.
Choisir ce que l’histoire veut garder de nos mémoires. En France, un
tel choix ne peut que déchaîner les passions. Les camps s’affrontent
et s’accusent mutuellement de vouloir imposer un « roman
national » dangereux ou une « repentance » excessive ; d’abandonner
la chronologie ou de refuser une pédagogie de la construction des
savoirs par les élèves.
Après un essai sur les manuels d’histoire, du temps des programmes
écrits sous Nicolas Sarkozy : L’Histoire fabriquée ? Ce qu’on ne vous
a pas dit à l’école, Vincent Badré a voulu revenir sur la question
de l’enseignement de l’histoire, en tenant compte des évolutions
actuelles, des nouveaux programmes de 2016 et en élargissant le
regard. Ce nouveau livre veut montrer comment les textes officiels
peuvent être mis en application de manière très variée, comment
l’histoire et l’éducation civique peuvent se politiser ou devenir des
moyens de partager nos mémoires historiques françaises au lieu
de les affronter. Il est temps de prendre part au débat sur l’histoire
et la fabrique de nos identités.

The Big Short, un film sur la crise financière de 2008, digne héritière de nombreux précédents historiques

Le « Casse du siècle » commence par un raisonnement historique. Ce film américain raconte la crise financière de 2008 en partant d’une réflexion historique de Michael Burry. Cet analyste financier part des crises financières du passé, en particulier des années 1930, pour prédire la chute de la valeur de l’immobilier aux Etats-Unis.003779452

Des faits statistiques déjà observés dans le passé lui font penser que de nombreux crédits immobiliers ne seront pas remboursés. Il en tire la conclusion logique que les subprimes et autres produits financiers « complexes » vont devenir des obligations pourries. Allant contre l’opinion générale, son fonds d’investissements parie sur la chute du marché.

Le suspense du film se trouve dans le fait de se demander si ce pari contre le sentiment général va réussir. Sa réponse est que seule une poignée de personnes ont vu la chute venir et ont su en profiter personnellement.418px-Christus_saint_eloi_orfèvre

L’historien voit ce film avec en mémoire des crises financières du passé. Il se souvient de ses lectures sur les faillites spectaculaires de banques italiennes aux XIIIe et XIVe siècles, peu après l’invention des banques ou des chèques et sur les spéculations modernes autour de la tulipe hollandaise au XVIIe siècle ou de la Banque de Law en France

L’historien se rappelle aussi la lecture de livres aussi passionnants que « Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle », de Fernand Braudel (une enquête sur les particularités de l’histoire économique européenne) ou « Argent pouvoir et société au Grand Siècle » de Daniel Dessert, (qui révèle les mécanismes financiers de la dette royale au temps des rois Bourbons)