L’histoire politisée ? Réformes et conséquences.

Mis en avant

Un nouveau livre pour continuer la réflexion sur l’enseignement de l’histoire après la réforme du collège et pour aller au delà des oppositions tranchées entre repentance et nostalgies historiques. Toutes les actualités sur le livre sont ici.
L’histoire politisée ? Réformes et conséquences : Ou comment sortir du blocage des polémiques sur l’histoire.
Simplifications politiques (Public Sénat) / Programmes orientés (Le Figaro) / Manuels qui conservent des pédagogies contestées (Europe 1, Le JDD.fr) / Impatience face à une Histoire politiséeneutralité affichée (Figarovox) et impossible (Le JDD.fr) et bons manuels (Histoirepolitisée.fr) / Intégrer la diversité des mémoires de notre passé national (Famille Chrétienne) / sans
idéalisation ni repentance (Les influenceurs).
Autres médias : Dossier : France Catholique / Vidéo Public Sénat, Zoom TV Libertés / Audio : Kernews, Arrêt sur info / Presse : Figaro, Figarovox, Livres Hebdo, Famille chrétienne.

Sarkozy relance la polémique sur l’histoire

Nicolas Sarkozy relance la polémique sur les racines des français de souche quelques jours plus tard et la droite joue avec le roman national sans savoir l’actualiser tandis qu’une partie de la gauche veut un récit qui « ne commande pas l’amour de la France, qui ne construit pas implicitement d’aversion ou de rejet envers des figures d’altérité irréductible (le juif, l’immigré, le musulman), ferment du nationalisme » et cherche ce qui se cache d’obscur ou de nauséabond dans la volonté d’enraciner la cité dans le  passé plutôt que dans une citoyenneté abstraite.

Le livre  » l’histoire politisée? Réformes et conséquences » dans les médias.

L’histoire politisée ? Réformes et conséquences
Ou comment sortir du blocage des polémiques sur l’histoire.
Simplifications politiques (Public Sénat) / Programmes orientés (Le Figaro) / Manuels qui conservent des pédagogies contestées (Europe 1, Le JDD.fr) / Impatience face à une neutralité affichée (Figarovox) et impossible (Le JDD.fr) et bons manuels (Histoirepolitisée.fr) / Intégrer la diversité des mémoires de notre passé national (Famille Chrétienne) / sans idéalisation ni repentance (Les influenceurs).
Autres médias : Dossier : France Catholique / Vidéo Public Sénat, Zoom TV Libertés / Audio : Kernews, Arrêt sur info / Presse : Figaro, Figarovox, Livres Hebdo, Famille chrétienne.

Simplifications politiques :
Grand Entretien Public Sénat; Sonia Mabrouk :  « Vincent Badré, professeur d’Histoire à Paris dénonce les déclarations simplificatrices sur l’Histoire faite par les politiques. Il s’en prend notamment à François Fillon, qui dans son livre « Faire », « découvre l’intérêt de la question de l’Histoire » et passe pour un amoureux du « roman national », et Najat Vallaud-belkacem, qui a déclaré ne pas vouloir « des petits bonshommes dociles en uniforme récitant le catéchisme d’une France immémorielle »Nicolas Sarkozy relance la polémique sur les racines des français de souche quelques jours plus tard et la droite joue avec le roman national sans savoir l’actualiser tandis qu’une partie de la gauche veut un récit qui « ne commande pas l’amour de la France, qui ne construit pas implicitement d’aversion ou de rejet envers des figures d’altérité irréductible (le juif, l’immigré, le musulman), ferment du nationalisme » et cherche ce qui se cache d’obscur ou de nauséabond dans la volonté d’enraciner la cité dans le  passé plutôt que dans une citoyenneté abstraite.

Programmes orientés :
Le Figaro
Marie Estelle Pech : « On en est largement resté à une tentative de ‘’tirer le mammouth’’ vers la gauche ? » : « Les nouveaux programmes sont loin de la révolution pédagogique tentée au départ par le ministère, puis qu’ils ont été remaniés. … [mais] Leur problématisation donne une orientation politique. Les crises financières sont présentées [d’une manière implicitement] marxiste. Le programme de quatrième n’ouvre pas la porte à une autre interprétation de la révolution industrielle ! ».
La ministre de l’éducation nationale et les auteurs des programmes ont en effet manifesté leur intention d’introduire leurs propres idées dans les programmes (Zoom TV libertés)… et ont été suivis en partie.

Manuels qui conservent des pédagogies contestées :
Europe 1Frédéric Taddeï : « Quoi de nouveau dans l’enseignement de l’histoire depuis l’an 2000 ? » : Comme bien souvent dans l’Education nationale, il faut que tout change pour que rien ne change. La plupart des manuels sont dans le modèle pédagogique des années 1980, un résumé très sec et des documents dispersés. Leurs contenus sont parfois inchangés depuis très longtemps et parfois dans la suite des années 1970 : civilisations lointaines, anti colonialisme et oubli du patriotisme.
Lejdd.fr : « La recherche historique fait chaque année des progrès ou, au contraire, invalide des thèses passées. Les manuels et programmes d’histoire les répercutent-ils? » Cela dépend des préférences des rédacteurs des manuels, mais bien souvent, le travail des universitaires n’est pas pris en compte. … Exemple : seul un livre donne une vision de Louis XIV actualisée. … De ce point de vue, les manuels sont souvent conservateurs. »

Neutralité impossible ?Figarovox : « Notre époque est plus grave et plus inquiète ; elle exprime une certaine impatience par rapport à la neutralité affichée de l’enseignement de l’histoire. Il y a un désir de sortir de la grisaille et de souligner les clivages et les motifs d’adhésion »
Le JDD.fr : « Les professeurs d’histoire ont un devoir de neutralité dans l’exercice de leur métier. Qu’en est-il vraiment? » La promesse de neutralité est toujours délicate. Pour la réaliser au mieux, les professeurs doivent apprendre, avant de l’enseigner à leurs propres élèves, à s’intéresser à ce qu’ils désapprouvent. Les cours d’histoire-géographie doivent permettent de former l’esprit critique.

Il est cependant possible de faire de bons manuels d’histoire 
:
histoirepolitisee.com : Certains cherchent des manuels de gauche ou de droite, alors qu’il faudrait chercher ce qui est bon dans des manuels de droite ou de gauche.
Et de montrer
La diversité des mémoires de notre passé national,
sans idéalisation ni repentance :
Famille chrétienne : L’auteur propose de développer « chez les élèves l’amour des héros. … Pas seulement des guerriers mais aussi des personnes handicapées …  Cette variété aurait l’avantage d’offrir plusieurs possibilités d’identifications différentes. »
Lesinfluences.fr : L’auteur apporte « une réflexion sur la meilleure manière de faire vivre ensembles les composantes de l’identité française, pour qu’elle puisse être transmise aux élèves dans toute leur diversité ».
Gregoiredetours.fr : Citation de l’auteur « La solution de polémiques sur l’enseignement de l’histoire se trouve peut-être dans une pensée de liberté. Liberté de choisir un exemple historique plutôt qu’un autre, un jugement positif sur un personnage ou sur ses adversaires et une pédagogie plutôt qu’une autre. Si l’idée d’un récit national unique et figé est une utopie irréalisable, la possibilité de construire plusieurs récits proches les uns des autres, réalistes, ouverts et joyeux est tout à fait réelle. C’est un travail qui commence »

Sortir des polémiques en donnant la liberté aux professeurs d’histoire ?

Historienne reconnue de l’enseignement de l’histoire, Patricia Legris écrit : « Plutôt que de se demander s’il faut un roman national « de gauche », reposant sur une approche critique du passé, ou « de droite », sélectionnant des faits glorieux, ne pourrait-on pas choisir un enseignement de l’histoire dégagé de la finalité civique qui bloque toute réforme ? …

Ne peut-on pas enfin reconnaître que chaque classe, chaque enseignant, chaque établissement sont particuliers pour autoriser des programmes souples articulés autour de points obligatoires et d’options ? ».

Cette idée avait fait scandale lors de la présentation des projets de programmes actuels. L’idée d’une liberté de choix donnée aux professeurs avait ouvert une certaine angoisse de la dispersion et de la liberté. Ils risquaient de ne pas traiter la Chrétienté médiévale ou l’époque des Lumières. L’idée de liberté pour les enseignants n’est cependant pas à oublier totalement. C’est par elle qu’ils pourront déployer leur créativité et leurs goûts et intéresser encore plus leurs élèves.

Pour que cette liberté devienne possible il faudrait lui donner quelques règle de méthode, et en premier lieu celle qui ferait aux professeurs un devoir de présenter de manière réaliste la diversité des mémoires historiques françaises. Dans le texte des programmes, cela pourrait se traduire par le droit de développer plus ou moins tel ou tel repère de mémoire. Certains personnages ou événements pourraient être simplement évoqués pour mémoire tandis que d’autres seraient vus en détail.

Public Sénat, Grand entretien Vincent Badré, L’histoire politisée?

« La tentation qu’on peut avoir est de ne pas parler des débats » … « On a fait des manuels républicains, des manuels communistes, des manuels catholiques.  (…) On est prisonnier aujourd’hui de cette question de l’origine en se demandant où étaient finalement nos ancêtres ».

Selon lui, il faudrait montrer que l’identité est suffisamment large pour donner la possibilité à chacun  de s’inspirer de n’importe quel personnage historique.


Grand entretien : Vincent Badré par publicsenat

Histoire politisée ? : Faut il choisir entre manuels de droite et manuels de gauche ?

Pour certains, il faudrait classer les manuels, savoir dans quel côté politique ils se situent. L’exercice n’est pas impossible, il y a des nuances entre les manuels les plus largement diffusés et avec le manuel de Dimitri Casali. Cela pose tout de même un problème à certains analystes du livre L’histoire politisée ? Réformes et conséquences. Ils voudraient le rattacher à un camp politique donné et scruter l’intimité des préférences de l’auteur.

image3672Pour un analyste du site gregoiredetours.fr, l’auteur « laisse entendre quand même clairement qu’il préfère la série des ouvrages de Carnat et Joyeux pour le cours d’histoire en seconde, première et terminale chez Le Robert (élaborée par des professeurs venant du site Le café pédagogique) aux ouvrages de Dimitri Casali aux éditions La Martinière. »

En sens inverse Livres hebdo écrit que « seul trouve grâce à ses yeux le Nouveau manuel d’histoire : programme 2016 de Dimitri Casali soutenu par SOS Education, association très marquée à droite. »

Il faudrait sortir de cette logique partisane, pour pouvoir arriver à intégrer les diverses identités politiques françaises. Il faudrait pouvoir citer des exemples « de gauche » sur la vie des ouvriers ou « de droite » sur celle des généraux de la guerre de 14-18 sans être classé dans un parti ou un autre.

Intégrer nos diverses mémoires est important pour pouvoir aussi ouvrir des possibilités d’intégration aux élèves venus de la diversité. Il est plus facile d’entrer dans l’héritage moral de figures historiques variées.

 

ZOOM Le projet de politisation des programmes d’histoire.

La part politisée des réformes actuelles. Les désirs du ministère et les résultats mitigés et incomplets de leurs projets.
Les récits de l’ancien temps sont issus du roman national, la présentation de l’histoire contemporaine est souvent en sens inverse et les questions actuelles sont traitées avec beaucoup de prudence … sauf en ce qui concerne la théorie du genre.

Histoire politisée ? dans le Figaro, comment sortir du conservatisme scolaire ?

Entretien dans le Figaro, il y a aussi du conservatisme dans les manuels d’histoire. Sous une forme éclatée et parcellaire, ils maintiennent des éléments de récit ancien, à toutes les gloires de la France … à côté de développements sur les hontes de notre passé.

L’article s’ouvre par une précision biographique :
J’ai une longue expérience de collèges et de lycées publics, quittés avec de bons souvenirs d’enseignement et de solidarité professionnelle. Expérience aussi d’un effort de neutralité par l’absence d’engagement politique explicite de la part des personnels, avec le risque pour les enseignants de ne pas assez montrer les débats et les alternatives politiques qui se sont présentées dans l’histoire.
Après ce parcours en école publique, j’ai eu la possibilité de rejoindre un établissement catholique, avec une annonce de la foi chrétienne à côté de l’enseignement, comme un élément de la vie qu’on peut choisir de vivre et de penser, tout en veillant en tant que professeur d’histoire à faire connaître et comprendre aussi les autres courants de pensée, chacun restant libre de ses préférences intérieures.

Identité nationale : passer du noir et blanc à la couleur

Recension du livre L’histoire Politisée par Famille chrétienne :
« La réponse de Vincent Badré est nuancée. Il propose de « passer d’une définition de la nation comme un catalogue de repères culturels, à une définition de la nation comme expérience culturelle ». Pour lui le récit national s’impose, par souci de cohésion, mais il gagnerait à être « enrichi et renouvelé ». D’abord en insistant sur la diversité régionale, trop souvent absente des manuels et des programmes. Ensuite, et surtout, en développant chez les élèves l’amour des héros. Pas seulement les rois, mais aussi ceux qui se sont illustrés dans l’humanitaire ou la technique. Pas seulement les guerriers, mais aussi les personnes handicapées, comme Jeanne de France, fille de Louis XI. Pas seulement les personnalités en vue, mais aussi les Compagnons du Devoir, célèbres pour leur savoir-faire. « Cette variété aurait l’avantage d’offrir plusieurs possibilités d’identifications différentes », résume l’auteur. »

Il est possible de conjuguer nos récits nationaux

Grégoire de Tours, lecteur attentif : Merci pour la conclusion de l’article :  » Dans un chapitre intitulé « Comment trouver une histoire commune », il donne des pistes fort intéressantes qui permettraient de réorienter les programmes. …
Il faudra en conséquence faire appel chez l’élève moins à l’adhésion à un discours qu’au développement de l’esprit critique puisque les professeurs auront plus de marge dans leurs choix :
« La solution de polémiques sur l’enseignement de l’histoire se trouve peut-être dans une pensée de liberté. Liberté de choisir un exemple historique plutôt qu’un autre, un jugement positif sur un personnage ou sur ses adversaires et une pédagogie plutôt qu’une autre. Si l’idée d’un récit national unique et figé est une utopie irréalisable, la possibilité de construire plusieurs récits proches les uns des autres, réalistes, ouverts et joyeux est tout à fait réelle. C’est un travail qui commence ». (page 284)

Une éducation civique sans monde du travail

Dans un entretien avec la radio Kernews et La Baule+ à propos du livre L’histoire politisée ? :
Afficher l'image d'origine » On observe la construction d’un programme d’éducation civique qui se révèle être très partiel : par exemple, on ne parle pas des relations de travail… C’est très intéressant, puisque nous avons un gouvernement de gauche qui est supposé défendre les pauvres et les travailleurs contre le pouvoir de l’argent… François Hollande s’est fait élire en expliquant qu’il était l’ennemi de la finance, mais les programmes d’éducation civique n’envisagent pas du tout la relation professionnelle. Même dans les manuels d’histoire, on a une vision souvent réductrice et compassionnelle du monde du travail. Cela s’explique par la vision souvent individualiste du futur citoyen, de l’homme en construction… On considère que l’individu doit développer sa particularité, mais il n’est jamais regardé dans ses relations et dans ses réseaux sociaux ».

Les manuels d’histoire sont conservateurs … des vieilles polémiques. L’histoire politisée dans le JDD.fr

Les manuels d’histoire sont conservateurs … des vieilles polémiques.

INTERVIEW – Vincent Badré, professeur d’histoire-géographie à Paris, décrit dans son dernier livre, L’Histoire politisée (*), les effets des réformes successives des…

Peut on obtenir la paix par un récit accusateur ?

C’est ce que pense Sébastien Ledoux, enseignant à Sciences Po et chercheur en histoire contemporaine à Paris-I, au Centre d’histoire sociale du XXe siècle dans une tribune publiée par Le Monde. 

Il veut « Un récit qui ne commande pas l’amour de la France, qui ne construit pas implicitement d’aversion ou de rejet envers des figures d’altérité irréductible (le juif, l’immigré, le musulman), ferment du nationalisme » en s’éloignant d’une « production narrative [qui] a, en tout cas, omis des faits historiques dont l’Etat français s’est rendu responsable (traite et esclavage, violences coloniales, persécution des juifs par Vichy). »

Pour « définir les contours d’une coexistence possible des Français dans un devenir commun au sein de la République du XXIe siècle. » il veut un « récit inclusif, [dans lequel] une place doit être consacrée aux immigrations depuis le XIXe siècle pour affirmer avec force le rapport dialectique de la construction nationale par ses apports extérieurs depuis deux siècles. Face aux discours identitaires actuels qui font écran au passé comme au présent et à l’avenir »

Note personnelle un peu énervée :

Il faudrait surtout sortir de cette opposition en noir et blanc pour passer à la couleur de la diversité de nos mémoires et des possibilité d’adhésion à nos héritages culturels et moraux.

Construire l’opposition entre roman national et esprit critique.

Après les déclarations un peu exagérées de François Fillon, Libération utilise l’historien de gauche Nicolas Offenstadt pour dénoncer non seulement un roman national, mais le récit national lui même, opposé à l’idée de « se méfier d’un récit donné par des injonctions politiques et qu’il y a plusieurs façons de raconter l’Histoire. Parce que forcément il faut sélectionner les faits qui constituent l’Histoire. »

La ministre Najat Vallaud Belkacem, elle aussi dénonce devant des militants socialistes le retour d’une « rééducation générale » formant « petits bonhommes dociles en uniforme récitant le catéchisme d’une France immémorielle et idéalisée »

Lire ici la suite de la partie de son discours concernant l’école.  Continuer la lecture

Fillon exagère sur les programmes d’histoire : la lettre, l’accent et les Décodeurs du Monde.

Article très intéressant et un peu exagéré à son tour du Monde à propos de la toute récente préoccupation de François Fillon à propos des programmes d’histoire.
Selon François Fillon ce sont les élèves qui « ignorent des pans de leur Histoire ou pire encore apprennent à en avoir honte ? ». Le Monde a raison de rappeler que les programmes couvrent des aspects très larges de notre passé, en citant des travaux de chercheurs comme Patricia Legris.
On peut se demander d’où vient l’apprentissage de la honte de notre histoire? Pour Le Monde, les programmes en parlent peu, avec seulement deux chapitres sur l’esclavage.
La lettre des programmes ou des manuels ne parle pas de « honte » du passé, mais elle donne un accent de repentance en soulignant certains aspects.
Le projet de programmes parlait de « monde dominé par l’Europe », le texte définitif demande d’étudier les « traites négrières » puis « le fonctionnement d’une société coloniale ».
Le livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences essaye aussi d’aller plus loin que le projet de François Fillon qui pose côte à côte les éléments du « récit national » qu’il veut retrouver pour en déduire une nouvelle unité pour l’avenir.

Le livre L’histoire politisée ? vue par les site lesinfluences.fr

Analyse du site  lesinfluences.fr « Sous des apparences techniques mais qui ne manqueront pas d’enflammer le milieu des professeurs d’histoire et au-delà, Vincent Badré, lui, préfère examiner les réformes initiées par le ministère de l’Éducation et leurs conséquences, notamment sur la discipline sensible de l’histoire. Dans l’Histoire politisée ? (le point d’interrogation n’étant que rhétorique) ( 344 p., 19,90 €, Éditions du Rocher, en librairie le 1er septembre), l’auteur estime que « la réforme actuelle n’aide pas les élèves à bien comprendre la vie dans leur pays, son histoire, ses identités et les méthodes pour participer à la recherche de biens communs ». Il voit dans l’examen attentif des nouveaux manuels d’Histoire qui régaleront les élèves dès cette rentrée, comme une insécurité historienne instituée.

Vincent Badré : « Les gouvernements veulent politiser l’Histoire dans leur sens, mais les habitudes et l’inertie du système transmettent aussi d’autres idées reçues, et conduisent à une absence de consensus sur ce qu’il faudrait enseigner. »

L’auteur, professeur d’histoire lui-même, invoque une réflexion générale sur « la politisation, la neutralité et la meilleure manière de faire découvrir les choix politiques aux élèves. Cela passe aussi par une réflexion sur la meilleure manière de faire vivre ensembles les composantes de l’identité française, pour qu’elle puisse être transmise aux élèves dans toute leur diversité. »

Comprendre la folie du Burkini par l’histoire de notre identité.

C’est la polémique du moment; un vêtement qui voile, une coutume différente qui s’invite dans le village gaulois et les passions se déchaînent.
L’enseignement de l’histoire n’a pas en lui même de conclusion politique et morale à imposer face à la question politique et juridique que pose le Burkini. Par contre il pourrait permettre de comprendre l’ampleur des réactions en France et l’étonnement que cela suscite dans d’autres pays, en particulier anglo saxons.
Le programmes d’histoire publiés en 2016 ont du mal à bien faire comprendre les identités françaises dans toute leur profondeur historique. Le livre L’histoire politisée ? Réformes et conséquences propose une réflexion sur les identités françaises, bagarreuses et souvent pleins de compromis inavoués, ouvertes au monde et peinant à accepter les divergences de comportement culturel; un peu comme le village d’Astérix et son barde Assurancetourix. Le site Atlantico donne un extrait du livre à ce sujet.

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Chronologie en histoire au collège, le demi mensonge de Najat Vallaud Belkacem

Extrait du livre « L’histoire politisée? Réformes et conséquences », relayé par le site Atlantico :
« «Mais non pas du tout !»: le gouvernement répond à l’accusation de supprimer la chronologie
Face à la fronde, le gouvernement a utilisé des tactiques habituelles en communication politique. Najat Vallaud-Belkacem utilise par exemple une vérité partielle pour prendre à contre-pied ses opposants quand elle déclare: «D’abord, et c’est prévu, il faut revenir à la chronologie pour permettre aux élèves d’acquérir des repères temporels solides.» Elle peut prétendre que ses opposants profèrent des «mensonges éhontés» en disant que les nouveaux programmes suppriment complètement la chronologie. En effet, les chapitres du nouveau programme sont rangés dans l’ordre chronologique.
Il faut voir aussi l’autre partie de la vérité, et la plus déterminante dans la réalité vécue des élèves: les repères de programmation prévus ne parlent que de thèmes à traiter. L’intérieur de ces thèmes est lui aussi thématique : «L’Europe de la Révolution industrielle: nouvelle organisation de la production, nouveaux lieux de production, nouveaux moyens d’échanges.» ».

Autres note de ce blog sur le même sujet : Une disparition en débat et presque rien n’avait changé sur le sujet en 2013.

François Fillon vient de redécouvrir que l’histoire de France était importante.

L’ancien premier ministre vient d’utiliser 17 fois le mot « histoire » dans un discours récent prononcé à Sablé sur Sarthe le 28 août 2016.
On a pu l’entendre dire que « La première condition du redressement national est dans le respect du passé, l’acceptation de l’Histoire, la reconnaissance des vrais héros qu’ont été les paysans français qui ont construit la puissance nationale, les scientifiques et les inventeurs qui lui ont donné les clés de son rayonnement international, la chrétienté qui a forgé sa conscience, les philosophes des lumières qui en ont fait l’avant poste du combat pour les libertés individuelles, les soldats de l’An II qui l’ont défendu contre ses ennemis, les poilus   de Verdun, les Français libres et ceux de la Résistance, les ingénieurs et les ouvriers qui ont permis Concorde, Airbus, le TGV, Ariane, le nucléaire et la renaissance des années soixante. »
François Fillon confond aussi malheureusement la réflexion et la remise en cause en disant vouloir « que les maîtres ne soient plus obligés d’apprendre aux enfants « à comprendre que le passé est source d’interrogations ». Faire douter de notre Histoire : cette instruction est honteuse ! »
Il est un peu curieux de constater que cette préoccupation ardente est récente. Son grand livre programme, « Faire », publié il y a un an n’accorde pas un mot à cette question.
Extrait du livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences de Vincent Badré :
« François Fillon parle de Faire, mais sans relier son projet politique à une identité nationale ou historique. Il raconte ses racines, des ancêtres vendéens, basques ou sarthois, artisans ou garagistes ; mais ne donne pas un mot à l’histoire dans ses propositions pour l’école. Pour lui, « c’est [par] notre organisation que nous devons réformer » en offrant plus d’autonomie aux chefs d’établissements. Il ne propose par contre aucun changement dans les contenus d’enseignement ».

La réforme du collège va t’elle bouleverser l’enseignement … y compris de l’histoire ?

Mara Goyet, est sans enthousiasme : « Eh bien voilà. Cette réforme, … il y a ceux qui pensent simplement mais fermement qu’elle tape à côté, est incroyablement anodine, indécemment à côté du sujet, pâlement fade au regard des problèmes rencontrés par les élèves. … Cette contestation modérée de la réforme n’a pas pu être entendue. »
Le président du SNALC est sceptique : Sincèrement, je crois que la réforme va s’ensabler. … Chaque établissement fera sa petite cuisine pour arrondir les angles aigus de la réforme et amortir ses effets délétères. Ce sera un sabotage de l’intérieur, … Dans la pratique, on continuera comme avant.

Le livre L’histoire politisée ? réformes et conséquences montre quelles sont les véritables évolutions de l’enseignement de l’histoire et comment dépasser les polémiques sur celui ci.