Construire l’opposition entre roman national et esprit critique.

Après les déclarations un peu exagérées de François Fillon, Libération utilise l’historien de gauche Nicolas Offenstadt pour dénoncer non seulement un roman national, mais le récit national lui même, opposé à l’idée de “se méfier d’un récit donné par des injonctions politiques et qu’il y a plusieurs façons de raconter l’Histoire. Parce que forcément il faut sélectionner les faits qui constituent l’Histoire.”

La ministre Najat Vallaud Belkacem, elle aussi dénonce devant des militants socialistes le retour d’une “rééducation générale” formant “petits bonhommes dociles en uniforme récitant le catéchisme d’une France immémorielle et idéalisée”

Lire ici la suite de la partie de son discours concernant l’école.  Continuer la lecture

Fillon exagère sur les programmes d’histoire : la lettre, l’accent et les Décodeurs du Monde.

Article très intéressant et un peu exagéré à son tour du Monde à propos de la toute récente préoccupation de François Fillon à propos des programmes d’histoire.
Selon François Fillon ce sont les élèves qui “ignorent des pans de leur Histoire ou pire encore apprennent à en avoir honte ?”. Le Monde a raison de rappeler que les programmes couvrent des aspects très larges de notre passé, en citant des travaux de chercheurs comme Patricia Legris.
On peut se demander d’où vient l’apprentissage de la honte de notre histoire? Pour Le Monde, les programmes en parlent peu, avec seulement deux chapitres sur l’esclavage.
La lettre des programmes ou des manuels ne parle pas de “honte” du passé, mais elle donne un accent de repentance en soulignant certains aspects.
Le projet de programmes parlait de “monde dominé par l’Europe”, le texte définitif demande d’étudier les “traites négrières” puis “le fonctionnement d’une société coloniale”.
Le livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences essaye aussi d’aller plus loin que le projet de François Fillon qui pose côte à côte les éléments du “récit national” qu’il veut retrouver pour en déduire une nouvelle unité pour l’avenir.

Le livre L’histoire politisée ? vue par les site lesinfluences.fr

Analyse du site  lesinfluences.fr “Sous des apparences techniques mais qui ne manqueront pas d’enflammer le milieu des professeurs d’histoire et au-delà, Vincent Badré, lui, préfère examiner les réformes initiées par le ministère de l’Éducation et leurs conséquences, notamment sur la discipline sensible de l’histoire. Dans l’Histoire politisée ? (le point d’interrogation n’étant que rhétorique) ( 344 p., 19,90 €, Éditions du Rocher, en librairie le 1er septembre), l’auteur estime que “la réforme actuelle n’aide pas les élèves à bien comprendre la vie dans leur pays, son histoire, ses identités et les méthodes pour participer à la recherche de biens communs”. Il voit dans l’examen attentif des nouveaux manuels d’Histoire qui régaleront les élèves dès cette rentrée, comme une insécurité historienne instituée.

Vincent Badré : “Les gouvernements veulent politiser l’Histoire dans leur sens, mais les habitudes et l’inertie du système transmettent aussi d’autres idées reçues, et conduisent à une absence de consensus sur ce qu’il faudrait enseigner.”

L’auteur, professeur d’histoire lui-même, invoque une réflexion générale sur “la politisation, la neutralité et la meilleure manière de faire découvrir les choix politiques aux élèves. Cela passe aussi par une réflexion sur la meilleure manière de faire vivre ensembles les composantes de l’identité française, pour qu’elle puisse être transmise aux élèves dans toute leur diversité.”

L’histoire politisée ? Réformes et conséquences.

Mis en avant

Actualités de la question
de l’enseignement de l’histoire.
C’est à suivre sur Twitter@historepolit.

Elections présidentielles.
Macron et l’histoire
, L’appartenance désaccordée. Fillon et l’histoire. Préoccupation épisodique et synthèse sans liens entre les mémoires.


Présentation du livre. 
Un nouveau livre pour continuer la réflexion sur l’enseignement de l’histoire après la réforme du collège et pour aller au delà des oppositions tranchées entre repentance et nostalgies historiques. Toutes les actualités sur le livre sont ici.
L’histoire politisée ? Réformes et conséquences : Ou comment sortir du blocage des polémiques sur l’histoire.
Médias de grande diffusion : Radio : Marche de l’histoire France Inter. Grand bien vous fasse France InterGrand Témoin Radio Notre Dame. Europe 1 Social Club. Télévision. Public Sénat. Tribune libre : Site internet La Croix. (Avec liens). Commentaires et opinions : Histoire mondiale contre récit national. Liberté pour les professeurs. Gauche/droite. Hommes politiquesIslam. Chrétiens d’Orient. Récit accusateur. AssimilationThèmes :Simplifications politiques (Public Sénat) / Programmes orientés (Le Figaro) / Manuels qui conservent des pédagogies contestées (Europe 1, Le JDD.fr) / Impatience face à une Histoire politiséeneutralité affichée (Figarovox) et impossible (Le JDD.fr) et bons manuels (Histoirepolitisée.fr) / Intégrer la diversité des mémoires de notre passé national (Famille Chrétienne) / sans
idéalisation ni repentance (Les influenceurs).
Autres médias : Dossier : France Catholique / Vidéo Public Sénat, Zoom TV Libertés / Audio : Kernews, Arrêt sur info / Presse : Figaro, Figarovox, Livres Hebdo, Famille chrétienne.

Comprendre la folie du Burkini par l’histoire de notre identité.

C’est la polémique du moment; un vêtement qui voile, une coutume différente qui s’invite dans le village gaulois et les passions se déchaînent.
L’enseignement de l’histoire n’a pas en lui même de conclusion politique et morale à imposer face à la question politique et juridique que pose le Burkini. Par contre il pourrait permettre de comprendre l’ampleur des réactions en France et l’étonnement que cela suscite dans d’autres pays, en particulier anglo saxons.
Le programmes d’histoire publiés en 2016 ont du mal à bien faire comprendre les identités françaises dans toute leur profondeur historique. Le livre L’histoire politisée ? Réformes et conséquences propose une réflexion sur les identités françaises, bagarreuses et souvent pleins de compromis inavoués, ouvertes au monde et peinant à accepter les divergences de comportement culturel; un peu comme le village d’Astérix et son barde Assurancetourix. Le site Atlantico donne un extrait du livre à ce sujet.

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Chronologie en histoire au collège, le demi mensonge de Najat Vallaud Belkacem

Extrait du livre “L’histoire politisée? Réformes et conséquences”, relayé par le site Atlantico :
“«Mais non pas du tout !»: le gouvernement répond à l’accusation de supprimer la chronologie
Face à la fronde, le gouvernement a utilisé des tactiques habituelles en communication politique. Najat Vallaud-Belkacem utilise par exemple une vérité partielle pour prendre à contre-pied ses opposants quand elle déclare: «D’abord, et c’est prévu, il faut revenir à la chronologie pour permettre aux élèves d’acquérir des repères temporels solides.» Elle peut prétendre que ses opposants profèrent des «mensonges éhontés» en disant que les nouveaux programmes suppriment complètement la chronologie. En effet, les chapitres du nouveau programme sont rangés dans l’ordre chronologique.
Il faut voir aussi l’autre partie de la vérité, et la plus déterminante dans la réalité vécue des élèves: les repères de programmation prévus ne parlent que de thèmes à traiter. L’intérieur de ces thèmes est lui aussi thématique : «L’Europe de la Révolution industrielle: nouvelle organisation de la production, nouveaux lieux de production, nouveaux moyens d’échanges.»”.

Autres note de ce blog sur le même sujet : Une disparition en débat et presque rien n’avait changé sur le sujet en 2013.

François Fillon vient de redécouvrir que l’histoire de France était importante.

L’ancien premier ministre vient d’utiliser 17 fois le mot “histoire” dans un discours récent prononcé à Sablé sur Sarthe le 28 août 2016.
On a pu l’entendre dire que “La première condition du redressement national est dans le respect du passé, l’acceptation de l’Histoire, la reconnaissance des vrais héros qu’ont été les paysans français qui ont construit la puissance nationale, les scientifiques et les inventeurs qui lui ont donné les clés de son rayonnement international, la chrétienté qui a forgé sa conscience, les philosophes des lumières qui en ont fait l’avant poste du combat pour les libertés individuelles, les soldats de l’An II qui l’ont défendu contre ses ennemis, les poilus   de Verdun, les Français libres et ceux de la Résistance, les ingénieurs et les ouvriers qui ont permis Concorde, Airbus, le TGV, Ariane, le nucléaire et la renaissance des années soixante.”
François Fillon confond aussi malheureusement la réflexion et la remise en cause en disant vouloir “que les maîtres ne soient plus obligés d’apprendre aux enfants « à comprendre que le passé est source d’interrogations ». Faire douter de notre Histoire : cette instruction est honteuse !”
Il est un peu curieux de constater que cette préoccupation ardente est récente. Son grand livre programme, “Faire”, publié il y a un an n’accorde pas un mot à cette question.
Extrait du livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences de Vincent Badré :
“François Fillon parle de Faire, mais sans relier son projet politique à une identité nationale ou historique. Il raconte ses racines, des ancêtres vendéens, basques ou sarthois, artisans ou garagistes ; mais ne donne pas un mot à l’histoire dans ses propositions pour l’école. Pour lui, « c’est [par] notre organisation que nous devons réformer » en offrant plus d’autonomie aux chefs d’établissements. Il ne propose par contre aucun changement dans les contenus d’enseignement”.

La réforme du collège va t’elle bouleverser l’enseignement … y compris de l’histoire ?

Mara Goyet, est sans enthousiasme : “Eh bien voilà. Cette réforme, … il y a ceux qui pensent simplement mais fermement qu’elle tape à côté, est incroyablement anodine, indécemment à côté du sujet, pâlement fade au regard des problèmes rencontrés par les élèves. … Cette contestation modérée de la réforme n’a pas pu être entendue.”
Le président du SNALC est sceptique : Sincèrement, je crois que la réforme va s’ensabler. … Chaque établissement fera sa petite cuisine pour arrondir les angles aigus de la réforme et amortir ses effets délétères. Ce sera un sabotage de l’intérieur, … Dans la pratique, on continuera comme avant.

Le livre L’histoire politisée ? réformes et conséquences montre quelles sont les véritables évolutions de l’enseignement de l’histoire et comment dépasser les polémiques sur celui ci.  

L’histoire politisée? Réformes et conséquences, un nouveau livre de Vincent Badré

Disponible en librairie et sur Internet le 1er septembre. Histoire politisée

Présentation par l’éditeur :
L’histoire est-elle politisée ? Oui, elle est mal politisée.
Le gouvernement a voulu réaliser une « refondation de l’école »
et une réforme du collège. Pour cela, il devait relire et revoir à
sa manière l’enseignement de l’histoire et de l’éducation civique.
Choisir ce que l’histoire veut garder de nos mémoires. En France, un
tel choix ne peut que déchaîner les passions. Les camps s’affrontent
et s’accusent mutuellement de vouloir imposer un « roman
national » dangereux ou une « repentance » excessive ; d’abandonner
la chronologie ou de refuser une pédagogie de la construction des
savoirs par les élèves.
Après un essai sur les manuels d’histoire, du temps des programmes
écrits sous Nicolas Sarkozy : L’Histoire fabriquée ? Ce qu’on ne vous
a pas dit à l’école, Vincent Badré a voulu revenir sur la question
de l’enseignement de l’histoire, en tenant compte des évolutions
actuelles, des nouveaux programmes de 2016 et en élargissant le
regard. Ce nouveau livre veut montrer comment les textes officiels
peuvent être mis en application de manière très variée, comment
l’histoire et l’éducation civique peuvent se politiser ou devenir des
moyens de partager nos mémoires historiques françaises au lieu
de les affronter. Il est temps de prendre part au débat sur l’histoire
et la fabrique de nos identités.