Signatures pour L’histoire Politisée ? dans les salons du livre.

salonSalon du livre et de la famille
Associations familiales catholiques.
Samedi 26 novembre 2016, de 14h à 18h30 
Mairie du 8e arrondissement, 3 Rue de Lisbonne, 78008, Paris.

Histoire de lire, Salon du livre de Versailles, Afficher l'image d'origine
Dimanche 27 novembre 2016, de 14h à 18h30
Mairie de Versailles, 4 Avenue de Paris, 78000, Versailles
Avec participation à un débat : 
REGARDS CROISÉS 
(Hôtel de Ville – Salle Mongolfier)
L’Histoire se fourvoie-t-elle ?
Vincent Badré
 : L’histoire politisée ? Réformes et conséquences (Rocher)
Dimitri Casali : Désintégration Française (JC Lattès)

Salon de l’Association des écrivains catholiques. 
Samedi 3 décembre 2016, de 14h à 18h30
Mairie du 6e arrondissement, 78 rue Bonaparte, 75006 Paris

Fête du livre de Renaissance catholique. 
Dimanche 4 décembre 2016, de 10h à 19h.
Grand’ Maisons, Villepreux, 78450

 

Comment enseigner l’histoire du monde ? Vincent Badré auteur de L’histoire politisée sur France Inter.

Dans l’émission Grand bien vous fasse d’Ali Rebeihi, le débat entre histoire mondiale et récit national, en dialogue avec François Reynaert.
Quelle histoire ! Pourquoi et comment enseigner l’histoire du monde ?

Carte du monde en mosaïque sur les rives du Tage à Lisbonne
Ces dernières années de vifs débats opposent historiens, journalistes, vulgarisateurs et politiques sur la façon d’enseigner l’histoire. Au cœur des polémiques, la place du roman national comme vecteur d’appartenance à notre pays… Vainqueur par KO du premier tour de la primaire de la droite et du centre, François Fillon souhaite par exemple « réécrire les programmes d’Histoire avec l’idée de les concevoir comme un récit national ». Dans ce contexte polémique qui mêle pédagogie et idéologie, comment enseigner l’histoire du monde à nos enfants ? Une histoire foisonnante qui permet de comprendre certains enjeux contemporains.

Programmes d’histoire, la demi vérité de François Fillon dans son débat avec Alain Juppé

Comment se mettre en difficulté dans un débat télévisé de campagne électorale pour les primaires de “la droite et du centre” ? Il suffit de faire des erreurs factuelles et de parler trop vite pour exprimer une idée qui n’est pas tout à fait fausse.

Fillon se trompe sur le texte des programmes et des manuels, mais il a perçu des tendances bien présentes dans l’enseignement actuel de l’histoire. Les personnages qu’il cite comme Clovis sont pour certains bien présents dans les textes, mais sont relégués dans les programmes de l’école primaire et absents des textes officiels du collège. Il fallait sans doute en être resté aux polémiques sur la préparation des nouveaux programmes qui envisageaient de rendre l’étude des philosophes des Lumières facultative pour penser que Voltaire et Rousseau pourraient avoir disparu des programmes, mais les nouveaux programmes de collège ont supprimé les listes de personnages à connaître pour les remplacer par des problématiques générales. Les manuels et les instructions officielles montrent qu’il est tout à fait possible de parler de Jeanne d’Arc ou de Voltaire et Rousseau à l’intérieur des problématiques des programmes.

Le problème actuel des personnages dans l’enseignement de l’histoire n’est pas qu’ils soient absents mais qu’ils soient le plus souvent présentés bien trop rapidement et de manière dépersonnalisée. Robespierre en trente mots, c’est un peu court ! Contrairement à ce que dit Fillon, les élèves ont bien une idée de notre récit national; (Le récit du commun) les élèves savent que Louis XIV a existé, mais pas vraiment ce qu’il a fait de sa vie et de sa mort.

Sur l’idéologie, François Fillon n’a pas tord quand il dit “qu’on choisit les dates, les périodes, les hommes qui correspondent à l’idéologie qu’on défend”, mais les textes actuels vont bien moins loin que les désirs idéologiques affichés par  Najat Vallaud Belkacem ou  Michel Lussault qui a dirigé la préparation des nouveaux programmes de la réforme du collège.

La solution de François Fillon, c’est la juxtaposition de mémoires opposées. Son discours de Sablé met côte à côte des héros opposés entre eux dans notre passé sans montrer comment conjuguer ces mémoires. Pour lui “La France c’est Saint Louis, Louis XI, Louis XIV, les révolutionnaires de 1789, Bonaparte, Napoléon III, la Troisième République, Gambetta, Thiers, Jules Ferry, Clémenceau, Jaurès, Poincaré, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac”.

Le livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences remonte pour sa part aux racines de nos récits nationaux et propose des réflexions pour arriver à conjuguer nos mémoires au lieu de les laisser poursuivre leurs vieilles guerres civiles.

Article de Vincent Badré dans la Revue parlementaire Réforme du collège et goût des jeunes pour la vie politique.

Dans la Revue Parlementaire : Comment réconcilier les jeunes avec le souci actif du bien commun ? Pour le faire, il faut comprendre le mélange d’ignorance, de distance et d’intérêt passionné que des adolescents peuvent avoir pour la chose publique. Il est nécessaire d’analyser aussi la manière dont les choix politiques sont présentés dans l’enseignement « refondé » par les nouveaux programmes de 2016. Cela nous mènera à une réflexion sur ce qui n’est pas assez bien posé dans cet enseignement et sur les voies d’une meilleure éducation à l’entrée en citoyenneté active.

La politique et les jeunes, entre distance, ignorance et intérêt discret pour les questions de biens communs

Jean-Marie Le Pen accédait au second tour de l’élection présidentielle le 21 avril 2002. Dans mon lycée de banlieue parisienne il y a eu une réunion « pour discuter de la situation » avec une quinzaine d’élèves sur un millier et quelques professeurs. J’en ai gardé le souvenir de deux remarques qui représentent très bien les difficultés actuelles d’un apprentissage de la vie en tant que citoyen.

La première venait d’une enseignante demandant : « Qui veut faire partie du service d’ordre » des manifestations contre Jean-Marie Le Pen. Elle a rencontré un silence de plomb. Personne parmi les élèves ne semblait savoir ce qu’est un service d’ordre et c’est un petit fait révélateur. L’immense majorité des élèves souffre d’un très grand manque de connaissances de l’art du combat politique.

La seconde venait d’une élève d’origine maghrébine disant « Manifester contre Le Pen, c’est bien, mais personne ne nous a appris à réfléchir pour savoir pourquoi c’est mal de voter pour lui ». Avec l’intelligence naturelle qu’ont souvent les élèves, elle avait mis le doigt sur une question très peu abordée dans la culture scolaire : comment faire pour savoir choisir le bon vote ou la bonne décision politique ?

Le terrain qui attend la mise en œuvre des nouveaux programmes de 2016 est assez similaire, avec en plus une montée du scepticisme vis-à-vis de l’engagement politique. Les réponses des élèves à une question écrite libre, anonyme et ouverte sur la vie politique montrent insistent sur la fréquence des mensonges politiques. Plus largement le monde politique leur semble lointain, trop technique pour eux et peu efficace.

Ma longue expérience d’organisation de débats d’éducation civique en lycée montre que ce désintérêt est en partie une apparence trompeuse. En posant certaines règles de débat et la liberté de choix de sujets parmi les grandes alternatives du débat public, de l’actualité aux questions de société, on peut obtenir une très belle participation, active, passionnée et sérieuse. Elle révèle l’existence souterraine d’opinions, de points de vue et de jugements fondés sur des valeurs. Elle montre aussi que l’espoir de les rendre efficaces est assez peu présent.

A une échelle plus large on peut voir une immense majorité qui « ne fait pas de politique » et se tient en retrait et des petits groupes qui se passionnent pour l’engagement, en tant que Veilleurs, dans le mouvement Nuit debout, les ZAD, le complotisme ou le djihad.

L’entrée des élèves dans le raisonnement politique est donc assez imparfaite et disparate. Il faut se demander quel rôle joue l’enseignement actuel dans cette difficulté d’ouverture à la participation civique.

Lire la suite sur le site de la revue.

L’histoire politisée à La marche de l’histoire de Jean Lebrun sur France Inter.

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C’est à écouter ici : https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-03-novembre-2016

Et si on ouvrait un temps de la con-ju-gai-son ? C’est aussi un des rôles de l’enseignement de l’histoire que d’initier à la conjugaison des différentes façons d’être

L'entrée de Jeanne d'Arc dans Rouen par Jean-Jacques Scherrer
L’entrée de Jeanne d’Arc dans Rouen par Jean-Jacques Scherrer © Getty / Leemage

Jean-Louis Debré, après avoir quitté la présidence du Conseil constitutionnel, a cru bon de devenir président du Conseil d’indiscipline, une émission de divertissement à la télévision. Le temps est à la confusion. Il a aussi cru nécessaire de composer cette prière : « Sainte Marianne, le peuple est avec toi, délivre nous des rois et des papes ». Le temps est à la triangulation, on emprunte les références de l’autre pour les retourner. Comme cela, on peut rigoler en voyant les gens se taper les uns sur les autres sans savoir très bien pourquoi.
Et si on ouvrait un temps de la con-ju-gai-son ? C’est aussi un des rôles de l’enseignement de l’histoire que d’initier à la conjugaison des différentes façons d’être.
La France est en effet un étrange projet qui tenait ensemble, bon gré mal gré, les hussards noirs de la République et les pères blancs de l’Église. Et qui aujourd’hui cherche encore à assembler le dissemblable.
Et puis il y a le monde. L’hexagone s’inscrit dans une sphère. C’est pour cela que l’histoire de France est souvent imaginée comme une pièce à rebondissements qui se jouerait au profit de l’humanité. Jean-François Revel disait que si le rayonnement de la France était constant, le monde serait calciné depuis longtemps. Donc nous avons tout fait ces dernières années pour être moins admirables et avoir moins d’abonnés à notre théâtre…
Néanmoins, l’exemplarité est encore revendiquée, la zizanie est toujours cultivée tandis que la rigolade se généralise.

Bon vent aux professeurs d’histoire.