Liste des croquis exigibles au bac.

Les productions graphiques de la deuxième partie de l’épreuve
Liste des croquis de géographie pouvant donner lieu à sujets d’examen
Pour aider les professeurs et les élèves à préparer dans les meilleures conditions cet exercice, les sujets de croquis proposés se limiteront à la liste suivante :
Pôles et flux de la mondialisation.
Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation.
Les espaces maritimes : approche géostratégique. (seulement pour les ES).
Les dynamiques territoriales des Etats-Unis.
Les dynamiques territoriales du Brésil.
Le continent africain : contrastes de développement et inégale intégration dans la mondialisation.
Mumbai : inégalités et dynamiques territoriales. (seulement pour les ES).

Des fonds de carte téléchargeables correspondant à ces croquis sont proposés, à titre d’exemples, sur ce portail.
Il ne sera pas proposé de schémas dans cette partie de l’épreuve.

Critères d’évaluation des croquis
L’évaluation des croquis portera principalement sur les critères suivants :
pertinence des informations portées sur le croquis par rapport au sujet posé : sélection, hiérarchisation des informations; validité des localisations et de la nomenclature ;
organisation de la légende, pertinence du choix des figurés ;
qualité de la réalisation, lisibilité du croquis.

La réalisation de schémas simples pour accompagner les compositions
La réalisation de productions graphiques dans une composition (schémas simples d’organisation spatiale, schémas fléchés …) est un élément de valorisation de la copie. Il est donc recommandé aux candidats d’en insérer dans leurs devoirs, lorsque le sujet s’y prête.

Liens utiles Conseils pratiques pour contrôles et Education civique

Mis en avant

Fil Twitter : documents utiles et liens à consulter :
https://twitter.com/BadreProf
Méthodes.
Conseils généraux: S’exercer et mémoriser.
Composition d’histoire. / Composition de géographie.
Etude de documents d’histoire. Approfondissements Sciences Po.
+ apprendre à gouverner son esprit.
Education civique. 
Sites d’information, d’opinion et de réflexion .
Consignes pour préparer un débat.
Bac.
Cartes exigibles.
Cartes modèles : Flux. Espaces. Mers. Amériques, EU-Br, Asie. Afrique.
Sites utiles.

Conseils pour une composition de géographie.

A lire ci dessous :

Présentation générale.

  • C’est toujours une composition : des connaissances organisées à propos d’un sujet d’étude.
  • C’est une description d’espaces et de lieux, elle doit donc être située, citer des pays ou des localités. Cette description doit être organisée par des concepts, des idées qui permettent de comprendre la variété des situations.

 

Construire un plan (qui peut être suggéré dans les mots du sujet).

Il est toujours demandé de faire :

  • une introduction qui définisse le sujet. Elle doit contenir la question/problématique qui permettra de l’explorer. L’angle principal de l’étude et le bout par lequel elle sera prise. Elle doit se terminer par une annonce du plan qui sera suivi dans le développement.
  • Un développement, de préférence en trois paragraphes séparés en sautant des lignes, introduits et conclus brièvement.
  • Une conclusion qui résume le propos sans citer à nouveau des exemples, mais en donnant les caractéristiques principales du sujet d’étude qui ont été mises en évidence dans le développement.

 

Types de plans.

  • Les plans possibles sont variés. Il faut adapter la structure de votre réflexion au sujet qui vous est donné.
  • L’un des plus classiques part d’une description, cherche ensuite des explications et des facteurs, avant de faire un bilan et une typologie des différentes situations selon les régions. Ce plan peut connaître de nombreuses variantes.
    • Description : Bien définir le sujet d’étude, le moyens de mesurer les situations qui sont utilisés. Montrer ce qui est en donnant des exemples précis.
    • Explications/facteurs : Mettre en évidence les causes possibles des situations présentées dans la partie précédente.
    • Classement/typologie ou évolution.

Cas particulier d’un sujet à propos d’une évolution. Certains phénomènes géographiques touchent toute la planète, mais pas au même moment. Un plan « chronologique » est alors possible, mais en situant bien les régions où on peut observer le début de l’évolution, son milieu ou sa fin et sans oublier d’expliquer quelles sont les causes de ces évolutions : I. Géographie de départ II. Mutations sur la période étudiée III. Nouvelle géographie résultante

Descriptions des types de plan possibles. A combiner entre eux si nécessaire en s’adaptant au sujet posé (avec sources des conseils donnés).

Les 6 types de plan : http://sciences-po.macrocosme.net/documents/Dissertation.pdf

  1. Le plan inductif (3 parties) I. Description II. Explication III. Typologie
  2. Le plan déductif (3 parties) I. Concept théorique II. Description III. Typologie
  3. Le plan typologique (2 parties) I. Critères de définition et de différenciation II. Typologie
  4. Le plan dialectique (3 parties) I. Thèse II. Antithèse III. Synthèse
  5. Le plan chronologique (3 parties) I. Géographie de départ II. Mutations sur la période étudiée III. Nouvelle géographie résultante
  1. Le plan d’analyse régionale (3 parties) I. Facteurs d’unité II. Facteurs de diversité III. Dynamiques et logiques régionales

TYPES DE PLANS : http://www.normalesup.org/~bocholier/Terminale/Z_METHODE%20BAC/FICHE_DISSERTATION%20GEO.pdf

  1. Le plan à échelles pur et simple (qui consiste à étudier un même phénomène à plusieurs échelles différentes : échelle mondiale, échelle régionale, échelle locale, ex : La polarisation de l’espace mondial induite par la mondialisation I. À l’échelle mondiale : la Triade, les grandes routes II. À l’échelle régionale : la concentration des activités sur le littoral. III. À l’échelle locale : la réorganisation des métropoles et des ports en fonction de la mondialisation). Plutôt que d’occuper tout le devoir, le plan à échelles et souvent utilisé pour une seule grande partie descriptive ou typologique (par exemple une des 3 parties du plan décrit dans le point b.)
  2. En géographie, le plan analytique (à base descriptive) est fréquent :
  3. Description –
  4. Explication ou causes des phénomènes –

III. Limites, problèmes, évolutions

ou bien

III. Typologie [une typologie est une partie où vous appliquez aux différents espaces concernés par le sujet les descriptions générales du I et du II. en réfléchissant aux spécificités propres : ex : La Triade face à la mondialisation  I. La Triade a organisé la mondialisation. II. La Triade ne contrôle plus tout le processus. III. Typologie : A. L’Europe puissante mais désunie dans la mondialisation. B. Les Etats-Unis n°1 vacillant. C. La montée en puissance de l’Asie orientale.].

  1. Plan dialectique (thèse/antithèse) : plan pesant le pour et le contre, les avantages et les limites. Il peut se terminer par une 3e partie dite de synthèse (attention à ne pas se répéter dans cette 3e partie).
  2. Plan combiné : on peut commencer par décrire un phénomène puis réfléchir dialectiquement aux avantages et aux limites. (ex : Mondialisation et polarisation des espaces : I. Description à plusieurs échelles II. Avantages/Limites).

e. Plan comparatif

I. Points communs. II. Différences. III. Complémentarité, évolution.

Consignes de préparation des débats d’Enseignement moral et civique

Chaque groupe choisit librement son sujet d’étude à présenter sous forme dossier à la date qui lui a été indiquée.

Le dossier doit contenir un résumé écrit en une page avec la liste des références précises des sources utilisées.

La présentation écrite, développée à l’oral doit contenir :
– Une présentation du fait d’actualité choisi dans le cadre du programme d’étude de la classe.
– Le débat politique ou social qui se nourrit des faits que vous avez choisis.
– Les deux solutions en présence.
Présentez la position que vous voulez argumenter et présentez aussi les arguments contraires.
Cette présentation doit s’appuyer sur un ou deux articles par élève et doit contenir un résumé oral de l’article et le commentaire oral de quelques courtes citations de l’article choisi. Ce commentaire peut porter sur l’information qu’il apporte, l’opinion qu’il permet de soutenir,  ou l’ »objectivité » de l’article.

La présentation doit se conclure en présentant rapidement les méthodes d’action politique utilisées et les débats qu’elles peuvent provoquer.

Il es possible de trouver des sujets à partir des sites d’information générale. Les arguments doivent être recherchés en utilisant au moins trois des sites d’actualités différents.

Tous ces sites ont un moteur de recherche interne, quand il a une adresse indépendante, il est accessible en cliquant sur la lettre R

Comment préparer une composition

Il faut lire le sujet … bien sûr tout le monde sait lire, mais il faut lire le sujet.
C’est à dire réfléchir avant de répondre en faisant une bonne analyse du sujet.

Ecrire séparément sur une feuille de brouillon chacun de ses mots et en écrire la définition
– Rechercher les connaissances et les qualificatifs qui correspondent à ces mots. ( Démocratie directe en Grèce, Europe marquée par le christianisme, Mondialisation caractérisée par l’augmentation des échanges )
Choisir la caractéristique principale à mettre en évidence ( Ceux qui critiquent la révolution industrielle hésitent entre réforme et révolution ), elle est présentée comme une question en introduction : c’est la problématique, et comme une affirmation en conclusion, c’est le résumé de ce que vous avez apporté. ( La révolution industrielle, marquée par le libéralisme politique et économique donne naissance aux chrétiens sociaux et aux sociaux démocrates qui sont réformistes et aux anarchistes et communistes qui attendent une révolution )
Diviser votre démonstration en posant la question problématique dans différents domaines chronologiques, géographiques ou thématiques.

Cette réflexion est résumée dans l’introduction en trois parties
– Un premier moment présente un exemple ou définit simplement les mots du sujet
– La conjonction de ces mots ( démocratie et Grêce, Méditerranée au XIIe siècle ) pose un problème
– Celui ci sera examiné sucessivement dans trois domaines ( exceptionnelement 2 ou 4 )
Et dans une conclusion
– qui reprend les affirmations de la fin de chacune des parties, les synthétise en une phrase et les ouvre sur un autre problème lié à celui qui vient d’être examiné

Le temps de rédaction est variable selon les personnes.
– On ne rédige pas sans savoir où on va, il faut donc un minimum de brouillon
– Si vous préfèrez avoir un plan complet avant de rédiger (un peu moins de la moitié du temps )
– ( mais JAMAIS de parties rédigées au brouillon, c’est la GARANTIE de ne pas finir temps )
– Si vous commençez a rédiger avec les idées et que vous y ajoutez les exemples en cours de rédaction la préapration ne doit pas dépasser 1/3 du temps

Les parties du développement apportent les éléments de réponse à la question posée en problématique, chacune dans leur domaine, par une succession d’UNE idée suivie d’UN exemple.
Elles commencent par une courte phrase de transition et d’introduction qui annonce ce dont vous allez parler ( Les évolutions techniques de la révolution industrielle ont eu des conséquences sociales. La fin de l’année 1942 représente un tournant de la guerre ) La fin du paragraphe est une conclusion partielle ( Le monde ouvrier a pris une importance croissante dans les sociétés industrialisées. La fin de l’année 1942 marque donc un coup d’arrêt pour les forces de l’Axe )

Séparez chaque partie de la précédente et de la suivante en sautant une ou deux liges, respectez la marge et faites un alinéa

Développer un sujet / Comment retrouver vos connaissances / Les grandes questions à se poser

Substance / sujet
– Définition du plus général au plus précis
– Qui ? o Personne, groupe social, entreprise, pays, responsables, élites, peuple …
– Quoi ? o Idée, notion, système politique, domaine de la vie sociale

Division d’un sujet
– Les grands thèmes
o Politique ( qui décide et gouverne ? ),
o Social ( riches et pauvres, intellectuels, métiers, activités, hommes et femmes, éducation
o Economique
o Culture, arts, littérature, média, politesse, valeurs
o Religions : leur vision du monde spirituel, ce qu’elles promettent, leurs pratiques et leur vision de l’organisation de la société.
– Les grandes évolutions
o Avant
o Au début (causes / conséquences)
o Grants tournants (causes / conséquences)
o A la fin (causes / conséquences)
o et après
Caractéristiques d’un sujet
Quantité
: Eléments plus ou moins nombreux ( supériorité militaire, majorité électorale, fréquence d’un événement, richesse ou pauvreté )
Qualité ( Importance, prestige, influence, beauté, groupe ou activité méprisée )
Relations
Passion / Victimes / Conséquences
Action / Acteurs / Causes
Pouvoirs / Avoir / Richesse
Temps : Epoque, durée, commencement ou fin, date
Lieu : Point, ville, espace, pays, déplacement

ECJS 2012

Chaque groupe choisit librement son sujet d’étude à présenter sous forme dossier à la date qui lui a été indiquée.

Le dossier doit contenir un résumé écrit en une page avec la liste des références précises des sources utilisées.

La présentation écrite, développée à l’oral doit contenir :
– Une présentation du fait d’actualité choisi dans le cadre du programme d’étude de la classe.
– Le débat politique ou social qui se nourrit des faits que vous avez choisis. 
– Les deux solutions en présence.
Présentez la position que vous voulez argumenter et présentez aussi les arguments contraires. 
Cette présentation doit s’appuyer sur un ou deux articles par élève et doit contenir un résumé oral de l’article et le commentaire oral de quelques courtes citations de l’article choisi. Ce commentaire peut porter sur l’information qu’il apporte, l’opinion qu’il permet de soutenir,  ou l'”objectivité” de l’article.

La présentation doit se conclure en présentant rapidement les méthodes d’action politique utilisées et les débats qu’elles peuvent provoquer.

Si vous n’avez pas d’idées de sujets : Actualités courantes : Google Actualités  Nouvel Observateur Quotidien R Courrier international R.
Pour des Sujets spécialisés : technologies, sciences, arts, international : Liens de Presse.

Les arguments doivent être recherchés en utilisant au moins trois des sites de tri d’actualités suivants.
Tous ces sites ont un moteur de recherche interne, quand il a une adresse indépendante, il est accessible en cliquant sur la lettre R

Bellaciao R  Communiste    
Rezo.net  Gauche      
Notre Planète Ecologiste  
Alerte environnement anti écolo.
Rue 89  Le Monde R  Centre gauche  
La Croix Salon Beige  Catholique  
Contrepoints Figaro R Libéral  
François Desouche Nationaliste.
Saphirnews Musulman

Corrigé JBE : programme du NSDAP 1920

Ce document est l’extrait du programme d’un parti politique, le NSDAP ou parti national-socialiste des travailleurs allemands, rédigé en vue des élections en Allemagne en 1920 et tiré du recueil de Hofer, Le national-socialisme par les textes, publié en 1959.

Ce texte a été rédigé dans un contexte particulier : l’Allemagne sort meurtrie de la première guerre mondiale en raison de pertes importantes (2 millions de soldats) mais surtout de la frustration engendrée par le traité de Versailles, considéré comme un « Diktat » car l’Allemagne n’a pu participer à son élaboration ; de plus, la République de Weimar est confrontée à une forte agitation sociale se traduisant par des grèves importantes et qui suit le risque de renversement de la République par des révolutionnaires bolcheviques : c’est ce climat qui a abouti a la création par Hitler de milices, les SA, pour réprimer illégalement ces grèves. Le NSDAP est la traduction politique de ces milices, fondé en 1919.

Dans ce programme, les nationaux-socialistes font 25 propositions sur leur conception de l’Allemagne, de la nation allemande, sur son économie, sa société et son gouvernement.

Nous allons montrer que ce programme contient déjà les principales caractéristiques du régime totalitaire nazi, puis qu’il annonce les futurs actes d’Hitler en Allemagne et en Europe.

 

 

La construction du totalitarisme passe pour commencer par la mise en place d’une dictature :

Certains principes démocratiques sont remis en cause dans ce programme. Ainsi, dans l’article 24, il est précisé que « l’intérêt général passe avant l’intérêt particulier » ; or, dans la démocratie, c’est le contraire : chaque individu a des droits qui lui garantissent une liberté d’action et de pensée. De plus, dans l’article 25, il est question d’un pouvoir fort, ce qui va à l’encontre de la démocratie dans laquelle le pouvoir émane du peuple et doit être partagé et contrôlé par les représentants du peuple.

 

Ensuite, pour faire du NSDAP un parti de masse capable d’attirer les foules et de remporter les élections, Hitler utilise des arguments populistes visant à attirer les classes populaires et moyennes. On trouve ainsi dans ce programme des idées nationalistes (traditionnelles à l’extrême droite), comme l’idée de « Grande Allemagne réunissant tous les Allemands sur la base du droit des peuples à disposer d’eux mêmes » (art. 1) ou celle de la suppression des traités de paix, notamment le traité de Versailles qui a humilié les Allemands et est considéré comme un Diktat. On trouve aussi des idées socialistes, voire d’extrême gauche (Hitler ayant fait parti un temps du parti communiste allemand, le KPD) : l’idée est de lutter contre le capital, les possédants, en faisant profiter au peuple de leur richesse. Ainsi, l’article 13 évoque la confiscation par l’Etat des « entreprises appartenant à un trust », l’article 16 veut protéger classe moyenne et petits commerçants, l’article 17 demande « l’arrêt de toute spéculation foncière ».

 

Dans ce programme transparaissent aussi la place et conception de l’individu qu’envisage tout régime totalitaire (art 10). L’individu doit être un être productif, actif socialement : « le premier devoir de tout citoyen est de travailler » ; ainsi, les êtres improductifs, comme les handicapés, ne trouvent pas leur place dans la société allemande nazie, à l’inverse des sportifs, des militaires, des industriels, symbolisant l’action. De plus, l’individu n’existe pas pour lui-même : il appartient à des groupes qui sont eux-mêmes des composantes de l’Etat : ainsi, le travail de chacun doit « s’inscrire dans le cadre de [la collectivité] ».

 

Enfin, les composantes propres à l’idéologie nazie sont déjà inscrites dans ce programme.

Tout d’abord, la conception biologique et raciale qu’a Hitler du peuple allemand, le Volk, apparaît à travers sa définition de la citoyenneté allemande : elle repose sur le droit du sang : « Pour être citoyen, il faut être de sang allemand » (art. 4). Ce principe exclut de la citoyenneté tous les individus nés ailleurs, même s’ils ont grandi en Allemagne et sont parfaitement intégrés et même s’ils ont acquis la nationalité allemande. Elle est raciste, car il est précisé qu’  « aucun Juif ne peut être citoyen », alors que le début de l’article 4 précise que « la confession importe peu » : le terme juif, d’ailleurs écrit avec une majuscule, ne désigne donc par les personnes de religion juive, mais les personnes de race juive, autrement dit de sang juif. Hitler part en effet du principe que les peuples sont divisés en races, structurées par une hiérarchie dominée par les Aryens et au sein de laquelle les juifs sont inférieurs, des « sous hommes ».

Ensuite, la notion d’espace vital indispensable selon Hitler à l’épanouissement du peuple allemand transparaît à travers les articles 1 à 3. Pour lui, la « Grande Allemagne » regroupe « tous les Allemands sur la base du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », ce qui implique que l’Allemagne récupère les territoires qui lui ont été confisqués après la 1ère guerre par les traités (art. 2). Il s’agit notamment du corridor de Dantzig remis à la Pologne et qui coupe l’Allemagne de la Prusse orientale, plus globalement de l’est de l’Europe ; il s’agit aussi des quelques colonies prises en 1918 et partagées entre les puissances victorieuses. Il exprime aussi sa volonté d’expansion dans l’art. 3 : « Nous demandons de la terre et des colonies pour nourrir notre peuple et résorber notre surpopulation ».

 

Toute cette idéologie est véhiculée par la propagande à travers la presse (art. 23), mais aussi l’école, lieu de formation de la future élite nazie : « L’extension de notre infrastructure scolaire doit permettre à tous les Allemands bien doués et travailleurs l’accès à une éducation supérieure, et par là à des postes de direction » (art. 20).

 

 

Ces grands principes qui fonderont le régime totalitaire nazi justifient les actes d’Hitler après son arrivée au pouvoir en tant que chancelier le 31 janvier 1933 :

                En Allemagne, tout d’abord, la théorie raciale est appliquée politiquement contre la pop° juive. Ainsi, les lois de Nuremberg excluent économiquement dès 1935 les étrangers et les juifs, les privant de tout moyen d’influence : or, elles sont la stricte application de l’article 23. Il concerne la presse : les journaux allemands doivent être dirigés et financés par des citoyens allemands et tout journal non allemand doit être soumis au contrôle de l’Etat. Par conséquent, les juifs dirigeant des journaux ne pourront plus exercer leur métier. De plus, cette loi s’étend à «l’enseignement littéraire et artistique », certainement aux études supérieures donc : les juifs ne pourront plus être fonctionnaires, donc enseignant. Cette exclusion s’étendra en 1938 au domaine juridique. Peu à peu, les juifs sont totalement isolés, privés de tout droit et de leurs biens, enfermés et déportés.

Ensuite, Hitler remet en cause le traité de Versailles (art. 2), enfreint dès 1933 : sortie de la SDN, rétablissement du service militaire et d’une armée puissante, remilitarisation de la Rhénanie… Mais les démocraties et la SDN ne réagissent que mollement, uniquement par des mots, à ces actes

En Europe, ce texte (art. 1 et 3) annonce les conquêtes progressives des territoires germanophones : en effet, les populations de langue allemandes étant dispersées en Europe, elles constituent des minorités nationales dans certains Etats : Autriche, Pologne, Tchécoslovaquie. L’application du principe des nationalités permet donc à Hitler de conquérir sans scrupule ces territoires : Anschluss de l’Autriche en 1937, annexion des Sudètes en septembre 1938, puis démantèlement de la Tchécoslovaquie et attaque de la Pologne pour récupérer corridor de Dantzig.

On peut enfin y voir aussi le sort réservé aux populations juives des territoires occupés par l’Allemagne (enfermement et mort lente dans les camps de concentration) et peut-être, en germe, la « solution finale de la question juive » programmée par Hitler à l’été 1941 : le génocide. En effet, selon l’article 24, « Le Parti combat l’esprit judéo-matérialiste à l’intérieur et à l’extérieur, et est convaincu qu’un rétablissement durable de notre peuple ne peut réussir que de l’intérieur ». Hitler présente les juifs comme une race perverse qui profiterait des Allemands et les influencerait négativement. Ils sont associés à la doctrine capitaliste, également rejetée par Hitler, car contraire à ses croyances socialistes. Il y aurait donc un complot juif pour dominer économiquement le monde que le parti nazi doit combattre.

 

 

Pour conclure, les idées présentées aux Allemands par le parti nazi en 1920 préfigurent le régime à venir, en dehors de l’idéal socialiste qui disparaît quand Hitler prend le pouvoir et qu’il a besoin du soutien des grands industriels et financiers.