Signatures pour L’histoire Politisée ? dans les salons du livre.

salonSalon du livre et de la famille
Associations familiales catholiques.
Samedi 26 novembre 2016, de 14h à 18h30 
Mairie du 8e arrondissement, 3 Rue de Lisbonne, 78008, Paris.

Histoire de lire, Salon du livre de Versailles, Afficher l'image d'origine
Dimanche 27 novembre 2016, de 14h à 18h30
Mairie de Versailles, 4 Avenue de Paris, 78000, Versailles
Avec participation à un débat : 
REGARDS CROISÉS 
(Hôtel de Ville – Salle Mongolfier)
L’Histoire se fourvoie-t-elle ?
Vincent Badré
 : L’histoire politisée ? Réformes et conséquences (Rocher)
Dimitri Casali : Désintégration Française (JC Lattès)

Salon de l’Association des écrivains catholiques. 
Samedi 3 décembre 2016, de 14h à 18h30
Mairie du 6e arrondissement, 78 rue Bonaparte, 75006 Paris

Fête du livre de Renaissance catholique. 
Dimanche 4 décembre 2016, de 10h à 19h.
Grand’ Maisons, Villepreux, 78450

 

Programmes d’histoire, la demi vérité de François Fillon dans son débat avec Alain Juppé

Comment se mettre en difficulté dans un débat télévisé de campagne électorale pour les primaires de “la droite et du centre” ? Il suffit de faire des erreurs factuelles et de parler trop vite pour exprimer une idée qui n’est pas tout à fait fausse.

Fillon se trompe sur le texte des programmes et des manuels, mais il a perçu des tendances bien présentes dans l’enseignement actuel de l’histoire. Les personnages qu’il cite comme Clovis sont pour certains bien présents dans les textes, mais sont relégués dans les programmes de l’école primaire et absents des textes officiels du collège. Il fallait sans doute en être resté aux polémiques sur la préparation des nouveaux programmes qui envisageaient de rendre l’étude des philosophes des Lumières facultative pour penser que Voltaire et Rousseau pourraient avoir disparu des programmes, mais les nouveaux programmes de collège ont supprimé les listes de personnages à connaître pour les remplacer par des problématiques générales. Les manuels et les instructions officielles montrent qu’il est tout à fait possible de parler de Jeanne d’Arc ou de Voltaire et Rousseau à l’intérieur des problématiques des programmes.

Le problème actuel des personnages dans l’enseignement de l’histoire n’est pas qu’ils soient absents mais qu’ils soient le plus souvent présentés bien trop rapidement et de manière dépersonnalisée. Robespierre en trente mots, c’est un peu court ! Contrairement à ce que dit Fillon, les élèves ont bien une idée de notre récit national; (Le récit du commun) les élèves savent que Louis XIV a existé, mais pas vraiment ce qu’il a fait de sa vie et de sa mort.

Sur l’idéologie, François Fillon n’a pas tord quand il dit “qu’on choisit les dates, les périodes, les hommes qui correspondent à l’idéologie qu’on défend”, mais les textes actuels vont bien moins loin que les désirs idéologiques affichés par  Najat Vallaud Belkacem ou  Michel Lussault qui a dirigé la préparation des nouveaux programmes de la réforme du collège.

La solution de François Fillon, c’est la juxtaposition de mémoires opposées. Son discours de Sablé met côte à côte des héros opposés entre eux dans notre passé sans montrer comment conjuguer ces mémoires. Pour lui “La France c’est Saint Louis, Louis XI, Louis XIV, les révolutionnaires de 1789, Bonaparte, Napoléon III, la Troisième République, Gambetta, Thiers, Jules Ferry, Clémenceau, Jaurès, Poincaré, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac”.

Le livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences remonte pour sa part aux racines de nos récits nationaux et propose des réflexions pour arriver à conjuguer nos mémoires au lieu de les laisser poursuivre leurs vieilles guerres civiles.

Article de Vincent Badré dans la Revue parlementaire Réforme du collège et goût des jeunes pour la vie politique.

Dans la Revue Parlementaire : Comment réconcilier les jeunes avec le souci actif du bien commun ? Pour le faire, il faut comprendre le mélange d’ignorance, de distance et d’intérêt passionné que des adolescents peuvent avoir pour la chose publique. Il est nécessaire d’analyser aussi la manière dont les choix politiques sont présentés dans l’enseignement « refondé » par les nouveaux programmes de 2016. Cela nous mènera à une réflexion sur ce qui n’est pas assez bien posé dans cet enseignement et sur les voies d’une meilleure éducation à l’entrée en citoyenneté active.

La politique et les jeunes, entre distance, ignorance et intérêt discret pour les questions de biens communs

Jean-Marie Le Pen accédait au second tour de l’élection présidentielle le 21 avril 2002. Dans mon lycée de banlieue parisienne il y a eu une réunion « pour discuter de la situation » avec une quinzaine d’élèves sur un millier et quelques professeurs. J’en ai gardé le souvenir de deux remarques qui représentent très bien les difficultés actuelles d’un apprentissage de la vie en tant que citoyen.

La première venait d’une enseignante demandant : « Qui veut faire partie du service d’ordre » des manifestations contre Jean-Marie Le Pen. Elle a rencontré un silence de plomb. Personne parmi les élèves ne semblait savoir ce qu’est un service d’ordre et c’est un petit fait révélateur. L’immense majorité des élèves souffre d’un très grand manque de connaissances de l’art du combat politique.

La seconde venait d’une élève d’origine maghrébine disant « Manifester contre Le Pen, c’est bien, mais personne ne nous a appris à réfléchir pour savoir pourquoi c’est mal de voter pour lui ». Avec l’intelligence naturelle qu’ont souvent les élèves, elle avait mis le doigt sur une question très peu abordée dans la culture scolaire : comment faire pour savoir choisir le bon vote ou la bonne décision politique ?

Le terrain qui attend la mise en œuvre des nouveaux programmes de 2016 est assez similaire, avec en plus une montée du scepticisme vis-à-vis de l’engagement politique. Les réponses des élèves à une question écrite libre, anonyme et ouverte sur la vie politique montrent insistent sur la fréquence des mensonges politiques. Plus largement le monde politique leur semble lointain, trop technique pour eux et peu efficace.

Ma longue expérience d’organisation de débats d’éducation civique en lycée montre que ce désintérêt est en partie une apparence trompeuse. En posant certaines règles de débat et la liberté de choix de sujets parmi les grandes alternatives du débat public, de l’actualité aux questions de société, on peut obtenir une très belle participation, active, passionnée et sérieuse. Elle révèle l’existence souterraine d’opinions, de points de vue et de jugements fondés sur des valeurs. Elle montre aussi que l’espoir de les rendre efficaces est assez peu présent.

A une échelle plus large on peut voir une immense majorité qui « ne fait pas de politique » et se tient en retrait et des petits groupes qui se passionnent pour l’engagement, en tant que Veilleurs, dans le mouvement Nuit debout, les ZAD, le complotisme ou le djihad.

L’entrée des élèves dans le raisonnement politique est donc assez imparfaite et disparate. Il faut se demander quel rôle joue l’enseignement actuel dans cette difficulté d’ouverture à la participation civique.

Lire la suite sur le site de la revue.

L’histoire politisée à La marche de l’histoire de Jean Lebrun sur France Inter.

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C’est à écouter ici : https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-03-novembre-2016

Et si on ouvrait un temps de la con-ju-gai-son ? C’est aussi un des rôles de l’enseignement de l’histoire que d’initier à la conjugaison des différentes façons d’être

L'entrée de Jeanne d'Arc dans Rouen par Jean-Jacques Scherrer
L’entrée de Jeanne d’Arc dans Rouen par Jean-Jacques Scherrer © Getty / Leemage

Jean-Louis Debré, après avoir quitté la présidence du Conseil constitutionnel, a cru bon de devenir président du Conseil d’indiscipline, une émission de divertissement à la télévision. Le temps est à la confusion. Il a aussi cru nécessaire de composer cette prière : « Sainte Marianne, le peuple est avec toi, délivre nous des rois et des papes ». Le temps est à la triangulation, on emprunte les références de l’autre pour les retourner. Comme cela, on peut rigoler en voyant les gens se taper les uns sur les autres sans savoir très bien pourquoi.
Et si on ouvrait un temps de la con-ju-gai-son ? C’est aussi un des rôles de l’enseignement de l’histoire que d’initier à la conjugaison des différentes façons d’être.
La France est en effet un étrange projet qui tenait ensemble, bon gré mal gré, les hussards noirs de la République et les pères blancs de l’Église. Et qui aujourd’hui cherche encore à assembler le dissemblable.
Et puis il y a le monde. L’hexagone s’inscrit dans une sphère. C’est pour cela que l’histoire de France est souvent imaginée comme une pièce à rebondissements qui se jouerait au profit de l’humanité. Jean-François Revel disait que si le rayonnement de la France était constant, le monde serait calciné depuis longtemps. Donc nous avons tout fait ces dernières années pour être moins admirables et avoir moins d’abonnés à notre théâtre…
Néanmoins, l’exemplarité est encore revendiquée, la zizanie est toujours cultivée tandis que la rigolade se généralise.

Bon vent aux professeurs d’histoire.

 

 

Polémiques sur le Gender : y a t’il des liens entre lutte contre l’inégalité et Gender ?

Vigi gender publie des pages de manuels de diverses matières ou de conseils de lectures de certains académies. Le Huffington post répond en niant qu’il puisse y avoir un lien entre des documents placés côte à côte dans les manuels et parlant d’inégalités ou de stéréotypes.
Le lien est implicite, mais certains élèves sont assez habiles pour comprendre l’implicite et pour aller dans un sens suggéré par une juxtaposition d’images et d’idées.

Aletheia : Gender dans les manuels, sortir des réactions instinctives.

Interview de Vincent Badré dans Aletheia :
Extraits :

Et en quoi la critique du Pape est-elle finalement fondée, même historiquement ?
Au XIXe siècle, on expliquait que la femme avait des seins, l’homme non et qu’elle devait donc porter les enfants, s’en occuper et rester à la maison. On insistait d’autre part sur le fait qu’elle était trop émotive pour faire de la politique ou diriger quoi que ce soit. En clair, il n’y avait que la nature.
Aujourd’hui, on veut exactement l’inverse : nier la nature, à moins d’être accusé de biologisme.
L’Église offre une troisième voie entre deux visions radicales et excessives en réalité. Saint Paul nous le dit : nous sommes incarnés, faits de chair, mais nous avons également un esprit. Le discours catholique est donc simple : nous sommes corps et esprits et nous devons faire la part des choses.
Nous sommes évidemment déterminés et contraints par notre héritage dans une certaine mesure, mais également libre de nous accomplir en tant que personne. Il faut commencer par accepter ce qui est pour ensuite exercer sa liberté. Il est vrai aussi qu’il y a de multiples manières d’exprimer sa masculinité et sa féminité et l’Histoire est très utile pour le réaliser.
Vous êtes justement professeur d’histoire, quels sont ces exemples ?
Quand Louis devint Soleil: Le Ballet Royal de La Nuit
On peut par exemple parler de Louis XIV qui pleurait comme une madeleine à chaque spectacle auquel il assistait. Il était très émotif, il était couvert de rubans et portait des talons hauts mais personne n’a jamais eu l’idée de lui dire qu’il était une fille !
On a également eu au XVIIe et XVIIIesiècles des femmes qui ont gouverné la Russie, l’Autriche et même la France, et qui n’ont pas laissé que de bons souvenirs à leurs ennemis ! Et pourtant, elles étaient bien des femmes, mais personne ne trouvait ça absurde à l’époque, il a fallu attendre le XIXe siècle.
Donc par l’histoire, on pourrait proposer des ouvertures aux enfants en leur montrant qu’il y a différentes manières d’être homme ou femme, sans leur plaquer un modèle pour en détruire un autre !
Propos recueillis par Charlotte d’Ornellas.
Image : Ballet royal de la nuit.

Documents : Le Gender dans les manuels d’éducation civique de 6e et 5e

“Tous les manuels de 6e et 5e utilisent la théorie du genre” interview de Vincent Badré dans L’opinion

article-lopinionA lire ici. (Achat)
Extraits :
Les programmes scolaires du collège ont-ils vraiment introduit la « théorie du genre » ?
Ils affirment au départ qu’il faut lutter contre les discriminations. Les programmes d’éducation civique insistent par exemple sur celles qui alimentent les inégalités entre les hommes et les femmes. Pour cela, il faut se battre contre le sexisme. Déjà, cela exclut toutes les autres causes qui peuvent défavoriser les femmes, par exemple dans le cadre professionnel.
Ensuite, se battre contre le sexisme implique d’analyser les stéréotypes sexuels [cycle 3]. Ce qui est sous-entendu dans les programmes, c’est qu’il y a de bonnes et de mauvaises représentations. Il ne s’agit pas en effet seulement d’éviter les orientations imparfaites en montrant aux filles qu’elles peuvent faire des métiers qui semblent réservés aux garçons. Les images de « Julien, sage-femme » et de « Maud, grutière » (Nathan 5e, 1 p. 321 ; Nathan 5e, 2 p. 321) sont par exemple placées peu avant une affiche en anglais expliquant « stereotype this, discrimination stunts potential » (Nathan 5e, p. 331). genre-pape-egalite-nathan-5e-p-320-321-331On y voit une petite fille qui arrache sa robe de princesse et dévoile en dessous une tenue de superman. Voilà une référence directe à cette « théorie du genre »
qui suscite des inquiétudes et les polémiques.

Rousseau disait : « Il faut que l’enfant ne voie que la patrie, et il deviendra patriote ». Aujourd’hui, on dit : « Il faut que l’enfant ait compris les stéréotypes de genre pour être libre ». Le problème c’est que cela peut blesser la conscience de certains enfants qui comprennent bien le sens implicite de ce qui est contenu dans ces manuels.

Les professeurs suivent-ils à la lettre ce qu’il y a dans les programmes ?
Tous les professeurs ne font pas d’éducation civique. D’abord parce que c’est une matière difficile et délicate. Ensuite parce que l’Education nationale ne demande pas de parler au cœur des élèves, mais à leur intelligence. Les écrits des manuels sont ce qu’ils sont, mais pour qu’ils se transforment en cours, il faut des enseignants disposés à porter ces thématiques.
[et ils sont peu nombreux].

Bonheurs de l’enseignement, manuels scolaires et théorie du genre : Grand témoin sur Radio Notre Dame

Grand témoin de Radio Notre Dame le 5 octobre : Vincent Badré

Echanges et témoignages sur l’enseignement aujourd’hui, le bonheur d’enseigner et la manière dont les réformes peuvent s’appliquer dans la réalité.

Réflexions aussi sur les manuels scolaires et leur manière d’introduire de la théorie du genre en partant des programmes. La lutte contre les inégalités d’accès à certains métiers passe uniquement par un effort pour changer les réflexes de pensée des enfants et les “stéréotypes sexuels” (programme Cycle 3). Traduction dans tous les manuels, des métiers à l’inverse des habitudes comme “maud la grutière” et “julien le sage-femme” et dans un manuel “C’est nul les princesses”.

à partir de L’Histoire politisée, Réformes et conséquences

Islam de plus en plus « non violent » : influence des programmes et des instructions officielles

Barbara Lefèvre, professeur d’histoire géographie critique des programmes et des manuels simplistes et déformés à propos de l’islam car ils ne montrent pas assez sa part de violence.
Elle cite les programmes : «les rapports entre le monde chrétien et le monde musulman ne se résument pas à des affrontements militaires» édictent les programmes. Sur la question des contacts, les instructions officielles appellent à «équilibrer» en ne donnant pas trop de poids à «l’étude des événements ayant tendance à mettre l’accent sur les contacts belliqueux».

Au delà des nombreux exemples qu’elle cite, il est possible d’avoir une approche quantitative de la question en partant des manuels disponibles en 2010 et de leurs versions plus récentes de 2016.

Il faudrait aussi apprendre à montrer ensemble la violence et la tolérance, comme éléments d’un même système culturel.

Mentions de la conquête violente :
2010 :
Trois manuels sur six manuels des grands éditeurs montrent que le Coran contient un appel explicite à un djihad militaire et conquérant.
Hatier, 5e, 3p13 ; Hachette, 5e, 3p16 ; Nathan, 5e, 3p14
2016 :
Tous les manuels des grands éditeurs de manuels scolaires ont supprimé cette référence au djihad. Le manuel Belin contient seulement un texte qui fait une allusion à la « guerre sainte » et au statut de dhimmi/protégé qui suit la conquête musulmane (Belin, 5e, 2016, 2p41).
Seuls deux manuels périphériques osent le faire; le manuel rédigé par une large équipe de professeurs pour lelivrescolaire.fr et celui dirigé par Dimitri Casali (qui en parle discrètement).

Mentions de la tolérance des musulmans.
2010 :
Tous les manuels citent le « Pacte d’Omar » qui aurait été accordé lors de la prise de Jérusalem en 638 mais qui n’est connu que par un texte du IXe siècle. Ils disent que cette déclaration permet aux chrétiens et aux juifs de conserver leurs biens et leurs cultes en échange du paiement d’un impôt. Quatre de ces manuels demandent aux élèves de souligner qu’il s’agit d’un acte de tolérance.
Belin, 5e, 5p13 ; Bordas, 5e, 5p21 ; Hatier, 5e, 3p11 ; Magnard, 5e, bp23
2016 :
Ils sont quatre sur six à citer des textes montrant la tolérance des musulmans : (Belin avec des chrétiens de Homs soulagés de la conquête musulmans 2p30, Bordas, Casali, Magnard).

Les manuels scolaires ignorent totalement les chrétiens d’Orient.

La réalité des manuels d’histoire est plutôt celle d’une grande prudence pour éviter les polémiques sur les questions sensibles. Ils édulcorent la présentation des violences associées à l’islam et chantent la gloire des sciences à Bagdad au ixe siècle sans jamais préciser l’apport de chrétiens Syriaques et Chaldéens, de Juifs et d’Indiens dans cette réussite.

La double page présentée ici mosqu-damasmontre par exemple la mosquée de Damas (Belin 5e pp 36-37). Elle ne dit pas qu’elle a remplacé une église construite sur les ruines d’un temple païen et que son architecture doit beaucoup à l’art des chrétiens d’orient.

Les manuels et sans doute l’enseignement de beaucoup de professeurs restent dans le consensus. La tradition scolaire française peine à montrer des divergences d’analyse et des débats sur un sujet d’études. Elle a aussi du mal à montrer des analyses sociologiques, culturelles ou ethnologiques.

L’histoire politisée ? Interview sur Radio Sputnik.

Interview sur Radio Sputnik : Réforme du collège, réforme de l’histoire : Comment retrouver l’enthousiasme et comment vivre les réformes politiques de l’enseignement de l’histoire ?

« on essaie d’avoir une histoire qui ressemblerait à ce qu’on voudrait entendre : un rêve un peu primitif pour les époques anciennes, et une histoire très émotionnelle pour les choses plus récentes. »

Une politique d’assimilation à l’identité française est elle possible ?

C’est l’opinion de Bérénice Levet dans le Figaro.
L’assimilation pour tous pose cependant un problème logique et humain, celui de la liberté de l’esprit. Face à un discours de glorification ou de repentance, il y a aura toujours des adhésions et des refus. Face à un récit national, il y aura toujours des réticences et des nuances chez les uns ou les autres.
Par contre un enseignement de l’histoire qui serait capable de faire découvrir toute la richesse et la variété des personnages et des opinions présentes dans l’histoire de France aurait des chances d’être reçu plus largement.

Sarkozy relance la polémique sur l’histoire

Nicolas Sarkozy relance la polémique sur les racines des français de souche quelques jours plus tard et la droite joue avec le roman national sans savoir l’actualiser tandis qu’une partie de la gauche veut un récit qui « ne commande pas l’amour de la France, qui ne construit pas implicitement d’aversion ou de rejet envers des figures d’altérité irréductible (le juif, l’immigré, le musulman), ferment du nationalisme » et cherche ce qui se cache d’obscur ou de nauséabond dans la volonté d’enraciner la cité dans le  passé plutôt que dans une citoyenneté abstraite.

Le livre ” l’histoire politisée? Réformes et conséquences” dans les médias.

L’histoire politisée ? Réformes et conséquences
Ou comment sortir du blocage des polémiques sur l’histoire.
Tribune libre :
Site internet La Croix. (Avec liens).
Commentaires d’opinions :
Liberté pour les professeurs. Gauche/droite. Hommes politiquesIslam. Chrétiens d’Orient. Récit accusateur. Assimilation.
Thèmes :
Simplifications politiques (Public Sénat) / Programmes orientés (Le Figaro) / Manuels qui conservent des pédagogies contestées (Europe 1, Le JDD.fr) / Impatience face à une neutralité affichée (Figarovox) et impossible (Le JDD.fr) et bons manuels (Histoirepolitisée.fr) / Intégrer la diversité des mémoires de notre passé national (Famille Chrétienne) / sans idéalisation ni repentance (Les influenceurs).
Autres médias : Dossier : France Catholique / Vidéo Public Sénat, Zoom TV Libertés / Audio : Kernews, Arrêt sur info, Sputnik / Presse : Figaro, Figarovox, Livres Hebdo, Famille chrétienne.

Simplifications politiques :
Grand Entretien Public Sénat; Sonia Mabrouk :  « Vincent Badré, professeur d’Histoire à Paris dénonce les déclarations simplificatrices sur l’Histoire faite par les politiques. Il s’en prend notamment à François Fillon, qui dans son livre « Faire », « découvre l’intérêt de la question de l’Histoire » et passe pour un amoureux du « roman national », et Najat Vallaud-belkacem, qui a déclaré ne pas vouloir « des petits bonshommes dociles en uniforme récitant le catéchisme d’une France immémorielle »Nicolas Sarkozy relance la polémique sur les racines des français de souche quelques jours plus tard et la droite joue avec le roman national sans savoir l’actualiser tandis qu’une partie de la gauche veut un récit qui « ne commande pas l’amour de la France, qui ne construit pas implicitement d’aversion ou de rejet envers des figures d’altérité irréductible (le juif, l’immigré, le musulman), ferment du nationalisme » et cherche ce qui se cache d’obscur ou de nauséabond dans la volonté d’enraciner la cité dans le  passé plutôt que dans une citoyenneté abstraite.

Programmes orientés :
Le Figaro
Marie Estelle Pech : « On en est largement resté à une tentative de ‘’tirer le mammouth’’ vers la gauche ? » : « Les nouveaux programmes sont loin de la révolution pédagogique tentée au départ par le ministère, puis qu’ils ont été remaniés. … [mais] Leur problématisation donne une orientation politique. Les crises financières sont présentées [d’une manière implicitement] marxiste. Le programme de quatrième n’ouvre pas la porte à une autre interprétation de la révolution industrielle ! ».
La ministre de l’éducation nationale et les auteurs des programmes ont en effet manifesté leur intention d’introduire leurs propres idées dans les programmes (Zoom TV libertés)… et ont été suivis en partie.

Manuels qui conservent des pédagogies contestées :
Europe 1Frédéric Taddeï : « Quoi de nouveau dans l’enseignement de l’histoire depuis l’an 2000 ? » : Comme bien souvent dans l’Education nationale, il faut que tout change pour que rien ne change. La plupart des manuels sont dans le modèle pédagogique des années 1980, un résumé très sec et des documents dispersés. Leurs contenus sont parfois inchangés depuis très longtemps et parfois dans la suite des années 1970 : civilisations lointaines, anti colonialisme et oubli du patriotisme.
Lejdd.fr : « La recherche historique fait chaque année des progrès ou, au contraire, invalide des thèses passées. Les manuels et programmes d’histoire les répercutent-ils? » Cela dépend des préférences des rédacteurs des manuels, mais bien souvent, le travail des universitaires n’est pas pris en compte. … Exemple : seul un livre donne une vision de Louis XIV actualisée. … De ce point de vue, les manuels sont souvent conservateurs. »

Neutralité impossible ?Figarovox : « Notre époque est plus grave et plus inquiète ; elle exprime une certaine impatience par rapport à la neutralité affichée de l’enseignement de l’histoire. Il y a un désir de sortir de la grisaille et de souligner les clivages et les motifs d’adhésion »
Le JDD.fr : « Les professeurs d’histoire ont un devoir de neutralité dans l’exercice de leur métier. Qu’en est-il vraiment? » La promesse de neutralité est toujours délicate. Pour la réaliser au mieux, les professeurs doivent apprendre, avant de l’enseigner à leurs propres élèves, à s’intéresser à ce qu’ils désapprouvent. Les cours d’histoire-géographie doivent permettent de former l’esprit critique.

Il est cependant possible de faire de bons manuels d’histoire 
:
histoirepolitisee.com : Certains cherchent des manuels de gauche ou de droite, alors qu’il faudrait chercher ce qui est bon dans des manuels de droite ou de gauche.
Et de montrer
La diversité des mémoires de notre passé national,
sans idéalisation ni repentance :
Famille chrétienne : L’auteur propose de développer « chez les élèves l’amour des héros. … Pas seulement des guerriers mais aussi des personnes handicapées …  Cette variété aurait l’avantage d’offrir plusieurs possibilités d’identifications différentes. »
Lesinfluences.fr : L’auteur apporte « une réflexion sur la meilleure manière de faire vivre ensembles les composantes de l’identité française, pour qu’elle puisse être transmise aux élèves dans toute leur diversité ».
Gregoiredetours.fr : Citation de l’auteur « La solution de polémiques sur l’enseignement de l’histoire se trouve peut-être dans une pensée de liberté. Liberté de choisir un exemple historique plutôt qu’un autre, un jugement positif sur un personnage ou sur ses adversaires et une pédagogie plutôt qu’une autre. Si l’idée d’un récit national unique et figé est une utopie irréalisable, la possibilité de construire plusieurs récits proches les uns des autres, réalistes, ouverts et joyeux est tout à fait réelle. C’est un travail qui commence »

ZOOM Le projet de politisation des programmes d’histoire.

La part politisée des réformes actuelles. Les désirs du ministère et les résultats mitigés et incomplets de leurs projets.
Les récits de l’ancien temps sont issus du roman national, la présentation de l’histoire contemporaine est souvent en sens inverse et les questions actuelles sont traitées avec beaucoup de prudence … sauf en ce qui concerne la théorie du genre.

Construire l’opposition entre roman national et esprit critique.

Après les déclarations un peu exagérées de François Fillon, Libération utilise l’historien de gauche Nicolas Offenstadt pour dénoncer non seulement un roman national, mais le récit national lui même, opposé à l’idée de “se méfier d’un récit donné par des injonctions politiques et qu’il y a plusieurs façons de raconter l’Histoire. Parce que forcément il faut sélectionner les faits qui constituent l’Histoire.”

La ministre Najat Vallaud Belkacem, elle aussi dénonce devant des militants socialistes le retour d’une “rééducation générale” formant “petits bonhommes dociles en uniforme récitant le catéchisme d’une France immémorielle et idéalisée”

Lire ici la suite de la partie de son discours concernant l’école.  Continuer la lecture

François Fillon vient de redécouvrir que l’histoire de France était importante.

L’ancien premier ministre vient d’utiliser 17 fois le mot “histoire” dans un discours récent prononcé à Sablé sur Sarthe le 28 août 2016.
On a pu l’entendre dire que “La première condition du redressement national est dans le respect du passé, l’acceptation de l’Histoire, la reconnaissance des vrais héros qu’ont été les paysans français qui ont construit la puissance nationale, les scientifiques et les inventeurs qui lui ont donné les clés de son rayonnement international, la chrétienté qui a forgé sa conscience, les philosophes des lumières qui en ont fait l’avant poste du combat pour les libertés individuelles, les soldats de l’An II qui l’ont défendu contre ses ennemis, les poilus   de Verdun, les Français libres et ceux de la Résistance, les ingénieurs et les ouvriers qui ont permis Concorde, Airbus, le TGV, Ariane, le nucléaire et la renaissance des années soixante.”
François Fillon confond aussi malheureusement la réflexion et la remise en cause en disant vouloir “que les maîtres ne soient plus obligés d’apprendre aux enfants « à comprendre que le passé est source d’interrogations ». Faire douter de notre Histoire : cette instruction est honteuse !”
Il est un peu curieux de constater que cette préoccupation ardente est récente. Son grand livre programme, “Faire”, publié il y a un an n’accorde pas un mot à cette question.
Extrait du livre L’histoire politisée? Réformes et conséquences de Vincent Badré :
“François Fillon parle de Faire, mais sans relier son projet politique à une identité nationale ou historique. Il raconte ses racines, des ancêtres vendéens, basques ou sarthois, artisans ou garagistes ; mais ne donne pas un mot à l’histoire dans ses propositions pour l’école. Pour lui, « c’est [par] notre organisation que nous devons réformer » en offrant plus d’autonomie aux chefs d’établissements. Il ne propose par contre aucun changement dans les contenus d’enseignement”.

La réforme du collège va t’elle bouleverser l’enseignement … y compris de l’histoire ?

Mara Goyet, est sans enthousiasme : “Eh bien voilà. Cette réforme, … il y a ceux qui pensent simplement mais fermement qu’elle tape à côté, est incroyablement anodine, indécemment à côté du sujet, pâlement fade au regard des problèmes rencontrés par les élèves. … Cette contestation modérée de la réforme n’a pas pu être entendue.”
Le président du SNALC est sceptique : Sincèrement, je crois que la réforme va s’ensabler. … Chaque établissement fera sa petite cuisine pour arrondir les angles aigus de la réforme et amortir ses effets délétères. Ce sera un sabotage de l’intérieur, … Dans la pratique, on continuera comme avant.

Le livre L’histoire politisée ? réformes et conséquences montre quelles sont les véritables évolutions de l’enseignement de l’histoire et comment dépasser les polémiques sur celui ci.  

L’histoire politisée? Réformes et conséquences, un nouveau livre de Vincent Badré

Disponible en librairie et sur Internet le 1er septembre. Histoire politisée

Présentation par l’éditeur :
L’histoire est-elle politisée ? Oui, elle est mal politisée.
Le gouvernement a voulu réaliser une « refondation de l’école »
et une réforme du collège. Pour cela, il devait relire et revoir à
sa manière l’enseignement de l’histoire et de l’éducation civique.
Choisir ce que l’histoire veut garder de nos mémoires. En France, un
tel choix ne peut que déchaîner les passions. Les camps s’affrontent
et s’accusent mutuellement de vouloir imposer un « roman
national » dangereux ou une « repentance » excessive ; d’abandonner
la chronologie ou de refuser une pédagogie de la construction des
savoirs par les élèves.
Après un essai sur les manuels d’histoire, du temps des programmes
écrits sous Nicolas Sarkozy : L’Histoire fabriquée ? Ce qu’on ne vous
a pas dit à l’école, Vincent Badré a voulu revenir sur la question
de l’enseignement de l’histoire, en tenant compte des évolutions
actuelles, des nouveaux programmes de 2016 et en élargissant le
regard. Ce nouveau livre veut montrer comment les textes officiels
peuvent être mis en application de manière très variée, comment
l’histoire et l’éducation civique peuvent se politiser ou devenir des
moyens de partager nos mémoires historiques françaises au lieu
de les affronter. Il est temps de prendre part au débat sur l’histoire
et la fabrique de nos identités.