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La
planète mise à sac
L'idée d'un marché des
permis négociables, ardemment défendue par les Américains,
a été entérinée, ainsi que celle des applications
conjointes, forme de coopération internationale dans laquelle le
plus puissant, en aidant le plus faible à réduire ses émissions
de CO2 s'enrichit des droits d'émettre ainsi économisés.
Partant d'un refus rigide de limiter leurs émissions, les États-Unis
n'ont cédé qu'en arrachant à des partenaires majoritairement
réticents l'acceptation du principe d'échanges monétarisés
de droits à polluer.
Le bilan de la réunion de Kyoto va cependant au-delà des
termes du protocole. Des changements significatifs dans les relations
internationales y ont (enfin) été perceptibles. L'Europe
est apparue comme une réalité. Bien qu'en vertu des traités
constitutifs de l'Union ce domaine ne relève pas du mécanisme
de prise de décision communautaire, les États membres ont
parlé d'une seule voix. La force de l'opinion publique de certains
États d'Europe du Nord et la position de la France, qui, du fait
de ses choix nucléaires, émet (pour le moment) peu de gaz
carbonique, ont conduit l'Europe, en dépit des divergences entre
ses membres, à présenter une position en flèche :
une réduction en 2010 de 15 % de ses émissions globales
par rapport au niveau de 1990.
Autre nouveauté au sommet l'émergence d'une force de résistance
de la part des pays du tiers-monde. Jusqu'alors, face aux exigences des
Etats-Unis, ils se partageaient entre la docilité pour les plus
faibles et la prudence pour les autres. Cette fois, un front du refus
s'est dessiné. La Chine et l'Inde ont violemment rejeté
les contraintes de nature à entraver leur développement,
face à des pays qui ont cyniquement accumulé dans l'atmosphère
la bombe à retardement du changement climatique. Mais ces nations,
qui montent en puissance économiquement, ne pourront toujours se
désolidariser des enjeux de la survie planétaire. On se
réjouira toutefois qu'ils ne soient pas tombés dans le piège
qui leur était grossièrement tendu, à cette étape,
par les États-Unis.
M.G Pilier-Gendreau, " La planète mise à sac ",
Manière de voir, Le Monde diplomatique, juillet-août 2000.
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Exercice
Analyser un texte
d'opinion
1. Recensez les informations objectives du texte, puis rédigez
un paragraphe expliquant le sujet de façon neutre à l'aide
de ces données. Vous montrerez bien, notamment, le positionnement
des différents groupes de pays dont parle l'auteur.
2. Relevez dans le texte les mots, expressions et tournures de
phrase prouvant que l'auteur donne son avis et ne se contente pas d'un
compte rendu neutre et impartial. Justifiez votre choix.
3. Quels arguments utilise l'auteur pour tenter de prouver qu'elle
a raison ?
4. Faites-vous " l'avocat du diable " quels arguments,
non présents dans le document, pourrait-on lui opposer ?
5. Pesez le pour et le contre, et dites si l'auteur possède
un avis modéré ou extrême sur le sujet. Sa position
vous semble-t-elle intéressante, digne d'être prise en compte,
ou au contraire trop farfelue, fautive, voire dangereuse ?
6. Ce document vous a-t-il fait réfléchir à
des idées auxquelles vous n'aviez pas pensé ? A-t-il modifié
votre opinion sur le sujet, et si oui, de quelle façon ?
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