Que reste-t-il des luttes ouvrières dans les manuels d’histoire ?

Les ouvriers souffrent beaucoup et luttent assez peu. Plus généralement, la vie et l’expérience ouvrière est présentée dans le manuels, mais le plus souvent sur un mode compassionnel. La présence même d’une mémoire ouvrière a tendance à s’effacer des nouveaux livres scolaires.

Dans un chapitre sur le patrimoine parisien, quatre des sept nouveaux manuels de terminale ne citent pas un seul élément à propos de la vie populaire parisienne. Un manuel parle par exemple de la destruction des halles construites par Baltard au XIXe siècle sans évoquer le peuple des « forts des halles » qui y avait longtemps travaillé.

Certains manuels abordent alors le Paris révolutionnaire d’une manière qui n’est pas très éloignée de celle de Lorant Deutsch. On peut par exemple y lire que « les destructions de monuments [sont] une constante des révolutions ». Cela n’est que partiellement vrai, la révolution française a détruit des monuments, mais elle a aussi été l’époque de l’émergence de la notion de patrimoine à préserver.

Les nouveaux programmes de terminale L et ES demandent de parler de l’histoire du mouvement ouvrier allemand, ce qui pourrait permettre de faire réflechir sur le rôle des luttes dans les conquêtes sociales. Les manuels ne profitent pas de cette occasion pour montrer que c’est la menace d’une grève générale votée à plus de 90% par les ouvriers du syndicat unifié de la métallurgie qui a permis d’imposer la loi sur la cogestion des entreprises votée dans l’Allemagne de l’ouest de 1951.

Vous trouverez de plus amples développements sur ces sujets dans L’histoire fabriquée ?
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