Une critique fabriquée

« L’histoire fabriquée ? » est un livre qui fait partie d’une « vague brune », selon une expression « particulièrement bien choisie ». C’est un livre dont les « erreurs de papier peuvent aussi faire mal ». Il est « terriblement ennuyeux » et son auteur est un mauvais élève, qu’il faut reléguer « au fond, à droite », contre le mur. C’est un livre qu’il faut censurer par le silence, et les journalistes qui en ont déjà trop parlé sont des « irresponsables.
Un éloge indirect.  Les auteurs du site Aggiornamento Histoire geo, repris par le site du CVUH et par Médiapart ont commencé par critiquer le livre sans l’avoir lu, en parlant de « contre-vérités » à propos des manuels d’histoire.
Le compte rendu de lecture de « L’histoire fabriquée ? » publié par le site Aggiornamento Histoire géo est bien plus prudent et ne contient plus aucune critique de mon analyse des manuels scolaires actuels.
Des erreurs fabriquées.
La critique s’est reportée sur les contrepoints historiques apportés par « L’histoire fabriquée ? »
L’auteur du compte rendu de mon livre, Benoît Kermoal a trouvé « une erreur qui détruit à elle seule tout l’argumentaire de ce mauvais livre ». Le seul problème de son analyse est qu’elle se fonde sur une déformation du texte du livre qu’il critique. Cela permet d’y trouver une contradiction apparente et de dire que le livre « fait mal » en méconnaissant les souffrances arméniennes.
La seule autre erreur expliquée par sa critique concerne les 16% de députés socialistes qui ont collaboré avec l’Allemagne pendant la guerre de 39-45. Benoit Kermoal dit qu’il s’agit seulement de ceux qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain, et ignore manifestement que les députés socialistes SFIO de 1940 qui ont voté ces pleins pouvoirs étaient bien plus nombreux, avec 56% du total.
Un procès politique ?
Selon les auteurs du site Aggiornamento, il n’y aurait pas  d’historiens de droite ou de gauche et eux-mêmes ne seraient pas de gauche, cependant j’aurais le tort de citer des historiens « réactionnaires ».
Le choix du pluralisme.
Ma naïveté a sans doute été de ne pas lire que des historiens qui flatteraient ma propre sensibilité. Il s’agit du choix de rechercher les travaux historiques les plus utiles, d’où qu’ils viennent. Avoir sa sensibilité  ou ses préférences ne devrait pas empêcher de lire et de chercher une meilleure compréhension des faits historiques.
Le débat n’est pas terminé.
Benoît Kermoal reproche aussi à « l’Histoire fabriquée ? » de ne pas aborder toutes les questions et de ne pas faire référence à toute la bibliographie disponible. De nombreux éléments de l’enseignement actuel ne posent pas de problème, et bien d’autres pourraient être analysés suivant la méthode adoptée par « L’histoire fabriquée ? ». Le travail de réflexion sur l’histoire enseignée continue.  
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